20.02.2018 à 12:05

SuisseL'indépendantiste catalane «n'ira pas à son procès»

Anna Gabriel, actuellement en Suisse, ne se rendra pas à son procès mercredi à Madrid. Elle risque 30 ans de prison pour avoir organisé le référendum en Catalogne.

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Six des neuf dirigeants indépendantistes catalans emprisonnés pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne vont être transférés dans des prisons de la région. (Image prétexte) (Lundi 2 juillet 2018)

Six des neuf dirigeants indépendantistes catalans emprisonnés pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne vont être transférés dans des prisons de la région. (Image prétexte) (Lundi 2 juillet 2018)

AFP
L'indépendantiste Quim Torra a finalement renoncé à nommer quatre «ministres» emprisonnées ou exilés depuis la tentative de sécession de la Catalogne. (Mardi 29 mai 2018)

L'indépendantiste Quim Torra a finalement renoncé à nommer quatre «ministres» emprisonnées ou exilés depuis la tentative de sécession de la Catalogne. (Mardi 29 mai 2018)

AFP
Carles Puigdemont a annoncé d'Allemagne jeudi qu'il renonçait à redevenir le président de la Catalogne et a désigné un nouveau venu en politique, Quim Torra, candidat à sa succession. (Jeudi 10 mai 2018)

Carles Puigdemont a annoncé d'Allemagne jeudi qu'il renonçait à redevenir le président de la Catalogne et a désigné un nouveau venu en politique, Quim Torra, candidat à sa succession. (Jeudi 10 mai 2018)

AFP

L'ex-députée indépendantiste catalane Anna Gabriel, actuellement en Suisse, refuse de se rendre à son procès mercredi à Madrid. Elle dénonce dans le journal Le Temps et au micro de la RTS une «persécution politique».

Ex-députée du parti indépendantiste anticapitaliste Candidature d'unité populaire (CUP), Anna Gabriel risque jusqu'à 30 ans de prison pour avoir participé à l'organisation du référendum en Catalogne. Madrid l'accuse de rébellion, sédition et malversation de fonds.

«Comme je n'aurai pas un procès équitable chez moi, j'ai cherché un pays qui puisse protéger mes droits», lit-on dans Le Temps de mardi. «Je suis poursuivie pour mon activité politique et la presse gouvernementale m'a déjà déclarée coupable.»

«Il ne faut pas que j'aille devant le juge. Il faut que je sois là (en Suisse, ndlr) et en profite pour dénoncer», a-t-elle aussi déclaré mardi au micro de la télévision RTS. L'ex-députée ne cache pas que le choix de rester en Suisse est difficile à faire. «Je n'avais pas envie de quitter ma famille, mon pays».

Asile politique?

«Madrid pourrait demander mon extradition, poursuit Anna Gabriel sur la RTS. C'est la Suisse qui va décider ce qu'elle veut faire avec moi.» Mais une extradition serait illégale, il n'y a aucune base, estime-t-elle. C'est un cas de persécution politique. La justice espagnole n'est pas impartiale.

«Si je reste en Suisse, je vais essayer de reprendre la voie académique, de m'installer et travailler», précise l'ancienne professeure de droit à l'Université autonome de Barcelone. Mais si la Suisse devait accepter une extradition, «je pourrais être emprisonnée dans l'attente» d'être renvoyée, rappelle Anna Gabriel. Auquel cas, elle déposerait une demande d'asile politique.

L'ancienne élue n'est pas la première à quitter l'Espagne. Carles Puigdemont, l'ex-président de la Generalitat, a fui à Bruxelles avec quatre de ses ministres afin d'échapper à la justice. Un total de 28 personnes sont poursuivies en Espagne pour leur rôle dans le processus sécessionniste. Quatre, dont l'ancien vice-président catalan Oriol Junqueras, se trouvent en prison préventive depuis trois mois.

(ats)

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