16.02.2014 à 12:12

IrakL'influent chef Moqtada Sadr se retire de la vie politique

Le chef radical chiite irakien Moqtada al-Sadr, dont les hommes avaient combattu les troupes américaines en Irak, a annoncé son retrait de la vie politique, dans un communiqué.

Né dans les années 1970, le chef religieux Moqtada al-Sadr a été la bête noire des Américains après l'invasion du pays (2003-2011). A ce titre, il jouit toujours d'une grande popularité chez les chiites défavorisés d'Irak.

Né dans les années 1970, le chef religieux Moqtada al-Sadr a été la bête noire des Américains après l'invasion du pays (2003-2011). A ce titre, il jouit toujours d'une grande popularité chez les chiites défavorisés d'Irak.

L'annonce du chef radical chiite irakien intervient à deux mois des élections générales en Irak.

«J'annonce que je n'interviens (plus) dans toutes les affaires politiques et qu'il n'y a plus de bloc qui nous représente à partir de maintenant au gouvernement ou au Parlement (irakien, ndlr)», a affirmé Moqtada al-Sadr dans une allusion à son courant sadriste. «J'annonce la fermeture de tous les bureaux liés aux activités politiques, sociales ou religieuses», a-t-il encore ajouté.

Un responsable de son bureau, interrogé par l'AFP, a affirmé que personne ne voulait discuter de cette «annonce surprise». Mais il a ajouté qu'il doutait que Moqtada Sadr «puisse revenir sur cette décision très importante».

Dans son communiqué, Moqtada Sadr a encore déclaré que son choix avait été motivé «par la préservation de la réputation honorable des deux martyrs de la famille Sadr», en allusion à son père et à un autre proche tués sous le régime de Saddam Hussein.

Il a aussi expliqué que son geste visait «à mettre fin à toutes les corruptions dans le passé et à toutes celles qui pourraient avoir lieu à l'avenir» et qui pourraient porter atteinte à la réputation des Sadr.

Moqtada Sadr, qui fut le chef d'une milice armée redoutable, est un critique virulent du Premier ministre chiite irakien Nouri al-Maliki, qu'il a un jour qualifié de «dictateur». Dans l'immédiat, il n'était pas possible de connaître l'impact de l'annonce de Moqtada Sadr qui a passé plusieurs années en Iran pour suivre des études religieuses.

Un choc pour ses partisans

«Cette décision a été un choc pour nous et nous ne connaissons pas ses motivations ou ses conséquences, ni si elle est définitive ou temporaire», a affirmé un autre responsable du courant Sadr.

Ce courant compte actuellement 40 députés au Parlement irakien, dont le vice-président Qoussaï Abdel Wahab al-Souhai (sur 325), et six ministres au gouvernement.

Né dans les années 1970, le chef religieux a été la bête noire des Américains après l'invasion du pays (2003-2011). A ce titre, il jouit toujours d'une grande popularité chez les chiites défavorisés d'Irak. Il avait notamment appelé à l'unité des Irakiens et au soutien du gouvernement d'union de Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis 2006, tant que ce dernier serait au service du peuple.

Mais la donne a ensuite changé et Moqtada Sadr avait estimé en 2012 que Nouri al-Maliki devrait partir pour que des réformes puissent être menées en Irak et qu'il était opposé à ce que ce dernier puisse se présenter en 2014 pour un troisième mandat. Les ministres sadristes avaient suspendu en 2013 leur participation au Conseil des ministres avant de revenir au travail.

(ats/afp)

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