Suisse: L'initiative paysage n'est pas du goût des paysans

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SuisseL'initiative paysage n'est pas du goût des paysans

L’Union suisse des paysans s’est opposée, mardi, à l’Initiative paysage qui prévoit de réglementer davantage les constructions hors zone à bâtir.

Les paysans se sentent menacés dans leur développement par l’Initiative paysage, laquelle veut geler les nouvelles constructions hors zones à bâtir.

Les paysans se sentent menacés dans leur développement par l’Initiative paysage, laquelle veut geler les nouvelles constructions hors zones à bâtir.

Tamedia/Urs Jaudas

L’année politique démarre en fanfare pour l’Union suisse des paysans (USP). Elle a en effet tenu une conférence de presse ce mardi dans une ferme de Gerzensee (BE) pour dire tout le mal qu’elle pensait de l’Initiative paysage, actuellement débattue aux Chambres, qui veut geler les constructions en dehors des zones à bâtir. Pour l’USP, il faut que les exploitations agricoles puissent continuer à développer des bâtiments modernes et à les agrandir si nécessaire.

Une solution pas viable

«Ça permet aux familles paysannes d’être proches de leurs cultures et de leurs animaux. Il est également dans l’intérêt de la population que les activités agricoles, qui génèrent beaucoup d’odeurs et de bruit, s’effectuent à une certaine distance de la zone constructible», relève-t-elle dans un communiqué.

Pour les paysans, l’Initiative paysage n’est pas une solution viable et il faut un contre-projet indirect plus judicieux. L’USP appelle donc le parlement à réviser la loi sur l’aménagement du territoire afin de permettre à l’agriculture d’être «innovante». Tout le monde en profitera, selon elle: «Les animaux auront des étables plus grandes, avec plus de lumière, d’aération et d’espace pour bouger, les familles paysannes pourront travailler plus efficacement et toucheront de meilleurs revenus et la population pourra acquérir des denrées alimentaires locales à prix abordables.»

Vente directe menacée

L’USP souligne aussi que les infrastructures destinées à la vente directe sont également concernées par le débat sur l’aménagement du territoire. Deux sources d’argent non négligeables pour les paysans. Mais la vente directe n’est possible que si les bâtiments destinés au stockage des patates ou pommes, voire des magasins de ferme, peuvent être construits sur les exploitations agricoles, relève-t-elle.

L’USP affirme enfin que l’agriculture peut participer à l’approvisionnement énergétique en valorisant notamment mieux le lisier et le fumier via des installations de biogaz. Seuls 5% de ces sous-produits agricoles profitent de cette valorisation aujourd’hui, car les contraintes pour les installations de biogaz sont nombreuses, déplore-t-elle.

Une initiative déjà rejetée au Conseil des États

Une association regroupant plusieurs ONG environnementales a lancé l’Initiative paysage en mars 2019. Le texte vise à mettre fin au boom de la construction en dehors des zones à bâtir. Les initiants relèvent que 37% de toutes les surfaces d’habitat et d’infrastructures du pays se trouvent hors zone à bâtir. Ce mitage est considéré «comme une véritable nuisance qui fait du tort tant à l’homme qu’à la nature». Le Conseil des États a accepté, en juin, un contre-projet indirect sous la forme d’une révision partielle de la loi sur l’aménagement du territoire. Le National ne s’est pas encore prononcé.

(cht)

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