Votation: L'initiative pour le logement va-elle créer la surprise?
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VotationL'initiative pour le logement va-elle créer la surprise?

Avec des sondages favorables, les partisans de l'initiative pour le logement abordable commencent à y croire. Mais rien n'est joué.

par
lematin.ch
A trois semaines de la décision populaire, les milieux de défense des locataires sont surpris par les sondages positifs. Mais la partie est loin d'être gagnée, notamment pour avoir la majorité des cantons.

A trois semaines de la décision populaire, les milieux de défense des locataires sont surpris par les sondages positifs. Mais la partie est loin d'être gagnée, notamment pour avoir la majorité des cantons.

Martial Trezzini, Keystone

«À hauteur de 60%, le soutien toujours élevé à l’initiative démontre le besoin d’agir». Le conseiller aux Etats Carlo Sommaruga (PS/GE), président de l'Association suisse des locataires (ASLOCA), peut commencer à croire au rêve des locataires pour des logements abordables. Le 9 février, ce serait une victoire assez surprenante dans la mesure où les partis bourgeois s'opposent à leur initiative considérée comme trop «étatiste, rigide, inefficace» ou, selon le conseiller national Fabio Regazzi (PDC/TI), «dirigiste, coûteuse et mal ciblée».

«Nervosité des détracteurs»

Cette suite de qualificatifs n'effraie pas Carlo Sommaruga, il en a d'autres: «L’initiative est fédéraliste et raisonnable... Les loyers exorbitants et le manque de logements abordables sont consternants dans le pays. Quant aux informations faussées du lobby immobilier, elles font apparaître surtout la nervosité des détracteurs...»

«Ne pas se relâcher»

Pour Pierre Zwahlen, secrétaire général adjoint de l'ASLOCA, la votation se présente sous un jour inespéré, qui peut laisser entrevoir une issue positive: «A trois semaines de l'échéance, avoir encore 60 % d'avis favorables, c'est extraordinaire. Mais il ne faut pas se relâcher, les milieux de l'immobilier vont redoubler d'efforts ces prochains temps pour inverser la tendance et ils ont beaucoup de moyens pour le faire...»

La Suisse, pays de locataires

Comment explique-t-il, selon le sondage «Tamedia», que l'initiative plaît non seulement à gauche, mais aussi dans les rangs du PLR ou de l'UDC? «La Suisse est une exception, observe-t-il, un pays avec une forte majorité de locataires. Selon les ménages, 20 à 40% du budget est consacré au loyer. Moins on a de revenus, plus cette proportion est élevée et elle augmente même chez ceux qui gagnent moins de 60 000 francs par année. Le logement est une préoccupation partagée par beaucoup de gens au-delà de l'appartenance partisane.»

Deux obstacles à franchir

Pierre Zwahlen estime aussi que la campagne des opposants manque de nuances: «Les gens comprennent que notre objectif est réaliste, voire même modeste. Avec un logement sur dix à loyer abordable, nous restons dans des proportions tout à fait raisonnables». Malgré la tendance pour le oui, deux obstacles sont encore à franchir pour obtenir une victoire le 9 février. D'une part, il faudra surmonter le potentiel retournement de situation de fin de campagne qui amène souvent les initiatives populaires à être refusées. De l'autre, il sera nécessaire d'obtenir la majorité des cantons: «En Suisse alémanique, c'est la principale difficulté», conclut le secrétaire de l'ASLOCA.

Eric Felley

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