Actualisé 09.10.2013 à 07:33

Présidentielle 2017L'interview choc de Fillon, qui déclare la guerre à Sarkozy

Dans une interview à Valeurs actuelles, François Fillon tire à boulets rouges sur l'ancien président et annonce la couleur pour la présidentielle de 2017.

François Fillon a clairement déterré la hache de guerre contre l’ancien chef de l’Etat.

François Fillon déclare la guerre à Nicolas Sarkozy: au lendemain du non-lieu qui innocente l'ancien président dans l'affaire Bettencourt et lève ainsi un obstacle important sur le chemin de son éventuel retour en politique, son ancien Premier ministre laisse entendre à Valeurs actuelles qu'il est mieux placé que lui pour gagner en 2017.

Selon l'hebdomadaire, François Fillon aurait affirmé: «aujourd'hui, je crois que je suis mieux placé que Nicolas Sarkozy pour l'emporter en 2017. Si je ne le pensais pas, je ne serais pas candidat». Mais son porte-parole Jérôme Chartier a affirmé que c'était inexact.

Répondant au journaliste de l'hebdomadaire qui lui demandait «est-ce que vous pensez aujourd'hui (...) que vous êtes le mieux placé pour faire gagner la droite en 2017? J'imagine que vous ne seriez pas candidat si vous ne l'étiez pas?», François Fillon a dit: «bien sûr, je ne le serais pas».

«En même temps», a-t-il dit, «je ne suis pas prétentieux, je sais que tout cela est difficile, j'imagine bien qu'il puisse y avoir d'autres candidatures, mais il semble que pour le moment, je ne voie pas d'autres candidatures qui portent à la fois une rupture appuyée sur une expérience solide du gouvernement et du parlement».

Affrontement «inévitable»

L'ancien Premier ministre ajoute qu'il a décidé de se présenter à l'élection présidentielle «au soir de la défaite» de Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2012. Et François Fillon tire à boulets rouges sur l'ancien président: «Quand on perd une élection, il est impossible de dire qu'on a fait une bonne campagne (...) On a le devoir d'en analyser les raisons. On est obligé de se remettre en cause, sinon, c'est un bras d'honneur aux Français».

L'ancien Premier ministre va encore plus loin dans ses critiques que dans son interview au Journal du Dimanche du 6 octobre, où il avait déclaré être «de facto en compétition» avec Nicolas Sarkozy, parlant même d'un affrontement «inévitable».

«Moi, en 2007, j'ai totalement soutenu Sarkozy, mais cela ne veut pas dire que son projet était totalement le mien. Il était le leader, mais sur beaucoup de sujets, j'aurais aimé faire les choses différemment, notamment sur la dette, les déficits, les finances publiques», affirme-t-il.

«Un homme politique n'est pas une star»

S'il reconnaît que «Sarkozy allait dans la bonne direction», il estime que «ces priorités, qui sont les miennes, n'étaient pas au cœur de son programme». Et François Fillon de poursuivre: «Je ne suis pas né en pensant que la présidence de la République était mon destin, et je suis d'ailleurs choqué que l'on puisse raisonner de cette manière», une autre pique à Nicolas Sarkozy.

«Pour moi, la vie politique, ce n'est pas un spectacle. Un homme politique n'est pas une star, ses convictions et sa détermination ne se mesurent pas au nombre de ses émissions télévisées», assène-t-il, visant là encore l'exposition médiatique permanente de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président.

Par contraste, l'ancien chef de gouvernement, blessé d'avoir été qualifié de «collaborateur» par Nicolas Sarkozy quand il était à Matignon, fait valoir qu'il a «toujours fait preuve de réserve et de modération dans (son) expression publique».

«Cela a pu donner de moi une image d'effacement, mais je crois qu'elle a, finalement, plus de qualités que de défauts», car «il faut de l'humilité et de la dignité dans la fonction », ainsi que de «l'exemplarité», argumente-t-il.

«En attendant, soyez sages!»

François Fillon semble douter d'un retour de Nicolas Sarkozy en politique. «Comme l'histoire l'a démontré, il est très difficile de revenir quand on a été battu», dit-il. Cependant, si Nicolas Sarkozy revenait, il n'exclut pas de se présenter lui aussi. «La droite a bien gagné en 1995, malgré le fait qu'elle avait deux candidats».

Autre grief, François Fillon affirme qu'il n'a «pas été satisfait du discours de Nicolas Sarkozy devant le conseil national» de l'UMP, le 8 juillet dernier. «On a eu droit à un meeting dans une salle avec une «claque» mise en place.

Nicolas Sarkozy avait le droit de s'exprimer, mais là, ce qu'il nous a dit, c'est: «je vais revenir, en attendant, soyez sages!» Ce n'est pas possible! On a besoin d'une opposition qui travaille et se prépare», martèle-t-il.

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!