20.08.2017 à 04:45

CombatsL'Irak lance l'assaut sur Tal Afar près de Mossoul

Les autorités irakiennes ont annoncé le début des combats pour reprendre la ville septentrionale des mains de l'EI.

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Les Emirats arabes unis ont proposé de prendre en charge la reconstruction de la mosquée Al-Nouri et de son minaret penché emblématique de Mossoul. (Dimanche 11 mars 2018)

Les Emirats arabes unis ont proposé de prendre en charge la reconstruction de la mosquée Al-Nouri et de son minaret penché emblématique de Mossoul. (Dimanche 11 mars 2018)

AFP
Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)

Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)

Keystone
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé samedi «la fin de la guerre contre l'EI» en Irak. Les forces gouvernementales se battent depuis trois ans pour éliminer le groupe djihadiste Etat islamique (EI) du pays. (Samedi 9 décembre 2017)

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé samedi «la fin de la guerre contre l'EI» en Irak. Les forces gouvernementales se battent depuis trois ans pour éliminer le groupe djihadiste Etat islamique (EI) du pays. (Samedi 9 décembre 2017)

AFP

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche le début de la bataille pour reprendre au groupe djihadiste, Etat islamique (EI) l'un de ses derniers bastions, la ville de Tal Afar dans la province septentrionale de Ninive.

Comme à chaque fois que l'assaut est lancé par les forces irakiennes, soutenues par la coalition internationale anti-jihadistes, Haider al-Abadi, commandant en chef des forces armées, s'est exprimé à la télévision, revêtu d'un uniforme militaire noir.

Il a annoncé le «début de l'opération de libération de Tal Afar». «Je dis aux (hommes de) Daech (l'acronyme de l'Etat islamique en arabe, NDLR) qu'ils n'ont pas d'autre choix que de se rendre ou d'être tués», a-t-il poursuivi, assis devant une carte de l'Irak et le drapeau national vert, noir, blanc et rouge. «Nous avons gagné toutes nos batailles, et les (hommes de) Daech ont toujours perdu», a-t-il martelé, ajoutant à l'adresse des troupes: «le monde entier est avec vous».

Tal Afar, à 70 km à l'ouest de Mossoul, en direction de la Syrie déchirée par les violences depuis six ans, avait été prise par le groupe ultra radical en juin 2014 lors de sa progression fulgurante à l'issue de laquelle il avait tenu jusqu'à près d'un tiers du territoire irakien.

Terrain regagné

Les forces gouvernementales irakiennes, appuyées notamment par les frappes aériennes de la coalition emmenée par les Etats-Unis et les «unités de mobilisation populaire», une organisation paramilitaire dominée par les milices chiites soutenues par l'Iran, ont depuis largement regagné du terrain.

En Syrie voisine, le groupe EI est également sous le feu des combattants arabes et kurdes soutenus par les Etats-Unis à Raqa et recule face aux troupes du régime dans le désert central.

Dans les deux pays, l'EI a perdu de larges pans des territoires qu'il avait conquis et, notent les experts, l'organisation djihadiste, a également perdu des milliers de combattants, que les contingents de djihadistes étrangers, aujourd'hui moins nombreux, peinent à compenser.

Bouclier humain

Début juillet, les forces irakiennes soutenues par la coalition ont chassé les djihadistes de Mossoul, la deuxième ville d'Irak, chef-lieu de la province de Ninive. Dans cette région majoritairement sunnite, Tal Afar est une enclave chiite, majoritairement peuplée par la minorité turkmène. Avant l'entrée du groupe EI, elle comptait quelque 200'000 habitants.

Aujourd'hui, les responsables locaux, pour beaucoup désormais à l'extérieur de la ville, affirment ne pas connaître le nombre exact de civils qui s'y trouvent encore, car comme dans les autres bastions du groupe EI, les habitants sont coupés de tout contact avec le monde extérieur.

Ces responsables accusent néanmoins le millier de djihadistes qui s'y trouverait de se servir des familles encore à Tal Afar comme de boucliers humains alors que les avions irakiens et de la coalition mènent depuis des semaines des frappes aériennes en prévision de l'assaut terrestre.

«Fusils et drapeaux»

Haider al-Abadi a précisé qu'outre les différentes unités de l'armée, de la police, fédérale et locale, et des unités du contre-terrorisme, le Hachd al-Chaabi participerait également aux opérations militaires à Tal Afar, l'un des derniers fiefs de l'EI dans le nord de l'Irak, frontalier de la Syrie.

«Aux premières heures du jour, les fusils et les drapeaux se sont tournés vers leurs cibles», a proclamé dans un communiqué Ahmed al-Assadi, le porte-parole du Hachd, qui encercle depuis des mois Tal Afar, à l'est, au nord et à l'ouest, la coupant de Mossoul comme de la Syrie. «La victoire approche» à Tal Afar, «ville irakienne prise en otage et humiliée pendant plusieurs années par les razzias des barbares», a-t-il encore affirmé.

Une fois Tal Afar reprise, les autorités irakiennes entendent lancer ensuite l'assaut sur la ville de Hawija dans la province de Kirkouk, à 300 km au nord de Bagdad. Le groupe EI est également toujours présent dans la province occidentale d'Al-Anbar, notamment dans la région désertique d'Al-Qaïm frontalière de la Syrie.

(AFP)

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