Actualisé 06.01.2020 à 01:02

Nucléaire iranienL'Iran lève toute limite sur ses centrifugeuses

Dans un climat tendu, Téhéran a annoncé de nouvelles mesures visant à balayer les derniers obstacles sur son programme nucléaire dimanche.

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L'Iran est disposé à annuler tout ou partie des mesures qu'il a prises pour se désengager de l'accord sur le nucléaire. Mais seulement si l'Europe lui assure en échange des avantages économiques «significatifs», a indiqué vendredi à Munich le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. (Samedi 15 février 2020)

L'Iran est disposé à annuler tout ou partie des mesures qu'il a prises pour se désengager de l'accord sur le nucléaire. Mais seulement si l'Europe lui assure en échange des avantages économiques «significatifs», a indiqué vendredi à Munich le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. (Samedi 15 février 2020)

Keystone
Alors que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni tentent le tout pour le tout afin que l'Iran respecte l'accord, Boris Johnson joue les trouble-fête. Le premier ministre britannique a lancé sur la BBC: «Le président Trump est un excellent négociateur (...). Travaillons ensemble pour remplacer (l'accord de 2015) et le remplacer par l'accord de Trump». (14 janvier 2020)

Alors que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni tentent le tout pour le tout afin que l'Iran respecte l'accord, Boris Johnson joue les trouble-fête. Le premier ministre britannique a lancé sur la BBC: «Le président Trump est un excellent négociateur (...). Travaillons ensemble pour remplacer (l'accord de 2015) et le remplacer par l'accord de Trump». (14 janvier 2020)

AFP
Dans le cadre de son plan de réduction de ses engagements en matière nucléaire, l'Iran a affirmé qu'il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite «sur le nombre de ses centrifugeuses». (Dimanche 5 janvier 2020)

Dans le cadre de son plan de réduction de ses engagements en matière nucléaire, l'Iran a affirmé qu'il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite «sur le nombre de ses centrifugeuses». (Dimanche 5 janvier 2020)

Keystone

L'Iran a annoncé dimanche ce qu'il a présenté comme la «cinquième et dernière phase» de son plan de réduction de ses engagements en matière nucléaire. Il a affirmé qu'il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite «sur le nombre de ses centrifugeuses». Berlin, Paris et Londres l'ont appelé dans la foulée à abandonner les mesures qui sont contraires à l'accord nucléaire de 2015.

«Plus aucun obstacle»

Cette annonce de Téhéran survient dans un climat de tensions accrues entre les États-Unis et Téhéran après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani, tué vendredi par une frappe aérienne américaine à Bagdad. Dans un communiqué, le gouvernement de la République islamique indique néanmoins que «la coopération de l'Iran avec l'AIEA [l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui soumet son programme nucléaire à un strict contrôle, NDLR] se poursuivra comme avant».

Le gouvernement explique que, «en conséquence» de sa décision sur les centrifugeuses, «il n'y a plus aucun obstacle entravant le programme nucléaire de la République islamique d'Iran sur le plan opérationnel», qu'il s'agisse de «la capacité à enrichir [l'uranium], du niveau d'enrichissement [de l'uranium], de la quantité de matériau enrichi, ou de la recherche et développement».

Besoins techniques du pays

Téhéran ajoute cependant que «le programme nucléaire de l'Iran continuera désormais uniquement sur la base [des] besoins techniques du pays». Et jusqu'à présent, la République islamique a toujours indiqué avoir besoin d'enrichir l'uranium à hauteur d'environ 5%, pas plus, niveau suffisant pour produire le combustible nécessaire à la production d'électricité dans une centrale nucléaire.

Le communiqué iranien ne dit pas que les besoins techniques du pays ont changé. Le gouvernement répète en revanche qu'il est prêt à faire machine arrière à tout moment sur ses annonces.

«Si les sanctions [contre l'Iran réimposées et durcies par les États-Unis depuis 2018] sont levées et que l'Iran bénéficie des retombées» attendues de l'accord international sur son programme nucléaire conclu en 2015, «la République islamique d'Iran est prête à revenir» à l'application pleine et entière de ses engagements, indique-t-il.

Réaction des autres membres

Dans la foulée, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont appelé dimanche l'Iran à abandonner les mesures qui sont contraires à l'accord nucléaire de 2005. «Nous appelons l'Iran à retirer toutes les mesures qui ne sont pas conformes à l'accord nucléaire», ont déclaré dans un communiqué commun la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Jonhson.

L'accord a été conclu à Vienne en 2015 après douze ans de crise et d'intenses négociations entre l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) plus l'Allemagne. L'Iran s'y engage à réduire ses capacités nucléaires en échange de la levée de sanctions internationales.

Mais en 2018 le président Donald Trump a décidé le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord et le rétablissement de sanctions. Depuis, l'Iran s'est progressivement affranchi d'engagements figurant dans l'accord.

(ats)

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