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IranL'Iran appelé à respecter les droits humains

Human Right Watch s'est ému des 20 pendaisons récentes tandis que Washington a rappellé le droit à un jugement équitable.

Des membres de la communauté belgo-irannienne se sont en outre réunis à Bruxelles en Belgique, le 8 août pour protester contre l'exécution par l'Iran de 20 prisonniers. (Image - 8 août 2016)

Des membres de la communauté belgo-irannienne se sont en outre réunis à Bruxelles en Belgique, le 8 août pour protester contre l'exécution par l'Iran de 20 prisonniers. (Image - 8 août 2016)

Keystone

Les Etats-Unis ont rappelé lundi l'Iran au respect des droits de l'homme et des procès impartiaux, mais ils ont pris soin de ne pas condamner explicitement l'exécution annoncée dimanche d'un scientifique nucléaire iranien pour espionnage au profit de Washington (voir article lié). En parallèle, l'ONG Human Right Watch a condamné lundi la pendaison par l'Iran de 20 prisonniers dans l'une des plus importantes exécutions de masse en république islamique (voir second article lié). L'organisation non gouvernementale déplore que le pays «reste le leader régional en matière d'exécutions» et le manque de jugements équitables.

L'exécution par pendaison du scientifique Shahram Amiri, 39 ans, dont on était sans nouvelles depuis 2010, a été annoncée dimanche par le porte-parole de la justice iranienne Gholamhossein Mohseni-Ejeie. Cette annonce est survenue plus de cinq ans après que Shahram Amiri eut été au coeur d'une affaire rocambolesque impliquant des accusations d'enlèvement par la CIA.

Le département d'Etat américain s'était refusé dimanche à faire le moindre commentaire. Mais lundi, il a intimé à Téhéran de respecter les droits de l'homme.

Diplomatie

Interrogée lundi lors de son point presse, la porte-parole de la diplomatie américaine Elizabeth Trudeau a réaffirmé, dans des termes très généraux, «nos appels à ce que l'Iran respecte et protège les droits de l'homme afin d'assurer qu'il y ait des procédures judiciaires justes et transparentes dans tous les procès».

Elle a refusé de s'«exprimer particulièrement sur le cas» du scientifique iranien exécuté. Ce dernier avait disparu en juin 2009 en Arabie saoudite où il se trouvait en pèlerinage. Il avait refait surface en juillet 2010 aux Etats-Unis en demandant à rentrer en Iran. Il avait alors été accueilli à bras ouverts par des responsables officiels iraniens.

Gholamhossein Mohseni-Ejeie a précisé dimanche que Schahram Amiri avait été «condamné à mort par le tribunal de première instance, conformément à la loi». Il avait «fait appel du verdict mais la Cour suprême a confirmé la peine» de mort.

Inquiétudes américaines

«Je ne pourrais pas parler des procédures judiciaires liées à cette affaire en particulier. Quand cet individu avait choisi de retourner en Iran, nous nous étions évidemment exprimés à l'époque. De manière générale, nous avons fait part de nos inquiétudes sur les procès en bonne et due forme et sur le respect des droits de l'homme en Iran», a expliqué Mme Trudeau en évitant de commenter explicitement le cas du scientifique iranien.

Les Etats-Unis ont opéré une amorce de dégel historique avec Téhéran, à la faveur des négociations internationales de 2013 à 2015 sur le nucléaire iranien qui ont abouti à l'accord de Vienne du 14 juillet 2015. Les deux pays n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980.

Human Right Watch dénonce

Human Rights Watch (HRW) a pour sa part condamné lundi la pendaison par l'Iran de 20 prisonniers dans l'une des plus importantes exécutions de masse en république islamique, annoncée la semaine dernière. L'Iran a dit avoir exécuté 20 membres d'un groupe «terroriste» sunnite accusés d'avoir mené des attaques contre des civils et des responsables religieux dans la région kurde.

Avec «l'exécution de masse de prisonniers le 2 août dans la prison Rajai-Shahr, l'Iran a atteint «un niveau bas et honteux en matière de droits de l'homme», a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient. «Avec au moins 230 exécutions depuis le 1er janvier, l'Iran reste le leader régional en matière d'exécutions», a-t-elle ajouté

«Hostilité envers Dieu»

Deux avocats représentant certains des suppliciés ont déploré l'absence de «procès équitable» pour leurs clients, a rapporté l'organisation basée à New-York.

Les 20 hommes pendus font partie d'un groupe de 33 sunnites condamnés pour «hostilité envers Dieu», selon des organisations des droits de l'homme.

En Iran, le meurtre, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue et l'adultère sont passibles de la peine de mort. En l'espace de deux jours en 2009, 44 personnes reconnues coupables de trafic de drogue avaient été pendues dans l'une des plus importantes exécutions de masse.

Amnesty International a affirmé que l'Iran avait exécuté 977 personnes en 2015, en majorité condamnées pour trafic de drogue. Ce pays figure parmi ceux qui exécutent le plus de personnes avec la Chine, l'Arabie saoudite et les Etats-Unis, selon elle.

(ats)

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