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Nucléaire iranienL'Iran et les grandes puissances proches d'un accord historique

Un compromis sur le nucléaire iranien semblait possible dimanche à Lausanne, à deux jours de la date butoir fixée pour un accord.

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Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Keystone
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

AFP
Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York.  (23 septembre 2019)

Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York. (23 septembre 2019)

AFP

Les tractations acharnées entre l'Iran et les six grandes puissances se poursuivaient ce dimanche soir 29 mars pour venir à bout des derniers problèmes qui pourraient encore tout faire capoter.

Dernier ministre arrivé à Lausanne, le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond s'est montré optimiste. «Nous sommes là parce que nous pensons qu'un accord peut être conclu (...) mais cela doit être un accord qui met la bombe (atomique) hors de portée de l'Iran. Il ne peut y avoir de compromis sur ce point», a-t-il dit.

Avec l'arrivée de M. Hammond et de son homologue russe Sergueï Lavrov, tous les protagonistes étaient réunis. Les ministres des 5 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume Uni, France, Allemagne) se sont réunis dans la foulée pour une première rencontre. Une réunion plénière avec l'Iran aura lieu lundi, selon l'agence allemande dpa.

Optimisme iranien

Abbas Araghchi, le numéro deux de la délégation iranienne, a lui aussi jugé qu'un accord était possible. «Parvenir à un accord est faisable. Des solutions ont été trouvées sur de nombreuses questions. Nous travaillons encore sur deux ou trois questions et nous n'avons pas encore trouvé les solutions», a-t-il déclaré.

Abbas Araghchi a également affirmé que Téhéran refuse d'envoyer à l'étranger son stock d'uranium enrichi tout en proposant des solutions pour rassurer les grandes puissances. «Nous sommes presque parvenus à une solution», a-t-il souligné.

Signe des progrès enregistrés, l'Américain John Kerry, le Français Laurent Fabius et l'Allemand Frank-Walter Steinmeier ont chamboulé leur programme pour rester à Lausanne. Le premier a renoncé à se rendre à Boston pour une cérémonie en l'honneur d'Edward Kennedy, décédé en 2009, et les deux autres ont annulé un voyage au Kazakhstan prévu lundi, a-t-on appris de sources diplomatiques.

«Nous sommes optimistes, mais il y a encore beaucoup de travail», a déclaré Laurent Fabius, qui avait appelé de ses voeux samedi un «accord robuste».

Prêts à des compromis

«Si on parvient à régler les problèmes restants aujourd'hui ou d'ici deux ou trois jours, on pourra commencer la rédaction d'un texte. Mais pour le moment nous discutons encore», a indiqué une source iranienne.

Selon des sources proches des discussions, les deux parties étaient prêtes à faire des compromis pour débloquer la situation. L'un des points qui aurait été résolu concerne le nombre de centrifugeuses que l'Iran aurait accepté de voir réduit à 6000, voire moins, selon une de ces sources occidentales. L'Iran dispose actuellement de quelque 19'000 centrifugeuses, dont la moitié sont en activité.

Par ailleurs, Téhéran aurait accepté d'exporter tout ou partie de son stock d'uranium faiblement enrichi, qui se monte à environ 8'000 tonnes. «Il s'agit de spéculations journalistiques», ont cependant affirmé sur ce point des sources iraniennes.

En outre, le site souterrain de Fordo cesserait d'enrichir de l'uranium, selon un autre diplomate, laissant entendre que le site pourrait continuer à fonctionner pour d'autres usages.

Tout est lié

Selon les sources citées, tous les points de la discussion sont étroitement liés. «Tout peut encore s'effondrer», a déclaré un diplomate occidental. Selon lui, les discussions pourraient s'étaler jusqu'à mardi, la date butoir que les parties se sont fixée pour la conclusion d'un accord-cadre censé ouvrir la voie à un règlement définitif avant la fin juin, voire au-delà.

La levée des sanctions internationales et la question de la recherche et du développement dans le domaine nucléaire sont les deux principaux sujets qui posent toujours encore problème, selon des diplomates.

«Axe Téhéran-Lausanne-Yémen»

La possibilité d'une entente historique sur ce dossier qui empoisonne la vie internationale depuis plus de douze ans a d'ores et déjà suscité une violente charge du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu contre un accord qui permettrait à l'Iran de «conquérir le Moyen-Orient tout entier».

«Le dangereux accord qui est négocié à Lausanne confirme à nouveau toutes nos inquiétudes, voire au-delà», a affirmé Benjamin Netanyahu qui se bat depuis des années pour mobiliser la communauté internationale contre Téhéran. «L'axe Iran-Lausanne-Yémen est très dangereux pour l'humanité et doit être rompu», a-t-il insisté.

(ats)

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