Moyen-Orient: L'Iran pleure la mort de l'ex-président Rafsandjani
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Moyen-OrientL'Iran pleure la mort de l'ex-président Rafsandjani

En signe de deuil, tous les concerts et programmes de divertissement à la télévision nationale ont été annulés.

L'ayatollah Khamenei doit rapidement nommer le successeur de M. Rafsandjani à la tête du Conseil de discernement du régime.

L'ayatollah Khamenei doit rapidement nommer le successeur de M. Rafsandjani à la tête du Conseil de discernement du régime.

Keystone

L'Iran a entamé lundi un deuil national de trois jours à la suite du décès de l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, pilier de la République islamique et «cheikh de la modération». Ses obsèques auront lieu mardi à Téhéran.

Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei a salué l'ex-président comme un vieux «compagnon de lutte». Il dirigera lui-même la «prière du mort» qui se déroulera à l'université de Téhéran.

Puis M. Rafsandjani, décédé à l'âge de 82 ans, sera inhumé dans le sud de la capitale, au mausolée de l'imam Khomeiny. Il fut très proche du père fondateur de la révolution islamique de 1979.

Depuis sa mort dimanche des suites d'une crise cardiaque, le centre religieux où il repose provisoirement est le théâtre d'un défilé incessant des personnalités les plus influentes du régime. A commencer par le président Hassan Rohani, lui-même un religieux modéré élu en 2013 grâce au soutien de l'ayatollah Rafsandjani.

«L'islam a perdu un trésor précieux, l'Iran un grand général, la révolution islamique un porte-drapeau courageux et le régime un sage rare», a affirmé M. Rohani.

Pays en deuil

En signe de deuil, tous les concerts et programmes de divertissement à la télévision nationale ont été annulés. Des drapeaux noirs ont été hissés sur les principales avenues de Téhéran.

Le guide suprême a lui-même reconnu des «différences» qui n'ont cependant pas, selon lui, altéré une amitié de près de 60 ans. La télévision d'Etat Irib insistait sur la «proximité» des deux hommes.

Yasser, fils cadet de M. Rafsandjani,s'est déclaré ému par les témoignages des Iraniens. Il les a remerciés pour leur «fidélité».

Le «cheikh de la modération»

La quasi-totalité des journaux consacraient lundi leur Une à M. Rafsandjani, qui a présidé l'Iran de 1989 à 1997. Sa mort soudaine constitue une «grande perte pour les modérés», a affirmé l'agence de presse Isna.

«Mais M. Rohani pourra utiliser les vagues créées par la mort du 'cheikh de la modération' et prendre sa place. Il ne faut pas oublier qu'un Iran sans modération est plus inquiétant qu'un Iran sans Rafsandjani», affirme Isna.

Dans un pays dont la majorité des institutions de l'Etat sont dominées par des conservateurs en partie désignés par le guide suprême, la proximité de M. Rafsandjani avec le camp modéré et réformateur constituait un atout majeur pour ce dernier.

L'ayatollah Khamenei doit rapidement nommer le successeur de M. Rafsandjani à la tête du Conseil de discernement du régime qu'il présidait jusqu'à sa mort. Cet organe est chargé en particulier de conseiller le guide suprême. Son choix sera déterminant pour le nouvel équilibre au sein du régime.

(ats)

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