Actualisé 10.11.2013 à 17:28

NucléaireL'Iran tient à ses «droits nucléaires»

Après trois jours de négociations, l'Iran et six puissances mondiales se sont quittés sans accord sur le programme nucléaire iranien. Les discussions reprendront le 20 novembre à Genève pour régler les points en suspens.

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L'Iran a commencé le travail de démantèlement de ses centrifugeuses nucléaires. A l'image: le site de Natanz. (Lundi 2 novembre 2015)

L'Iran a commencé le travail de démantèlement de ses centrifugeuses nucléaires. A l'image: le site de Natanz. (Lundi 2 novembre 2015)

Keystone
Le parlement iranien approuve l'accord sur le nucléaire trouvé avec les grandes puissances occidentales (mardi 13 octobre 2015).

Le parlement iranien approuve l'accord sur le nucléaire trouvé avec les grandes puissances occidentales (mardi 13 octobre 2015).

AFP
Le marathon des négociations s'est soldé par un accord historique à Vienne, en Autriche. (Mardi 14 juillet 2015)

Le marathon des négociations s'est soldé par un accord historique à Vienne, en Autriche. (Mardi 14 juillet 2015)

Georg Hochmuth, Keystone

De nouvelles discussions sont prévues le 20 novembre, mais Téhéran a déjà averti qu'il ne renoncerait pas à ses «droits nucléaires».

Malgré l'absence d'accord, les commentaires dans les dernières heures de la rencontre étaient plutôt optimistes. Le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a estimé que l'on était «plus proches d'une solution raisonnable que nous ne l'avons été depuis des années».

Son homologue américain John Kerry a lui salué «les progrès accomplis», alors que le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, très investi dans la négociation, a affirmé ne «pas être déçu» en dépit de l'absence d'accord.

De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a estimé qu'un accord sur le nucléaire iranien «est sur la table et peut être conclu».

Soutien suisse

«Il n'y a pas de doute, comme l'a dit John Kerry pendant la nuit, que les points de vue entre les différentes parties sont plus proches qu'avant les discussions», a-t-il dit à la BBC.

A l'issue de la rencontre, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton et M. Zarif ont annoncé qu'une nouvelle réunion était programmée le 20 novembre. La Suisse, qui a salué les progrès enregistrés, s'est déclarée prête à l'accueillir, a écrit le Département des affaires étrangères (DFAE) dans un communiqué.

Mais dimanche matin, le président iranien Hassan Rohani a souligné que son pays ne renoncerait pas à ses «droits nucléaires», y compris l'enrichissement d'uranium, ont rapporté les médias. «Il y a des lignes rouges qui ne doivent pas être franchies», a-t-il dit devant le Parlement.

«Les droits de la nation iranienne et nos intérêts nationaux représentent une ligne rouge, de même que les droits nucléaires dans le cadre des régulations internationales, ce qui inclut l'enrichissement (d'uranium) sur le sol iranien», a-t-il ajouté.

France intransigeante

Les négociations ont buté sur les exigences de clarification de certains participants, en particulier la France, dans la rédaction d'un accord temporaire de six mois, première étape «vérifiable» vers un accord permanent.

Le groupe 5 1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France Grande-Bretagne plus l'Allemagne), l'Iran et l'UE se sont engagés à ne rien dévoiler du contenu de leurs discussions par souci d'efficacité.

Des garanties étaient notamment demandées sur le sort du réacteur à eau lourde d'Arak, en construction pour être fonctionnel l'été 2014, et sur la fabrication de plutonium.

Et surtout, l'Occident veut des garanties concernant les capacités d'enrichissement de l'uranium de l'Iran - son stock d'uranium enrichi à 20%, étape obligée pour passer ensuite rapidement à 90% pour usage militaire, le parc de 19'000 centrifugeuses et la fabrication d'une nouvelle génération de centrifugeuses cinq fois plus rapides.

Netanyahou satisfait

En échange d'un accord, l'Iran espère un allègement «limité et réversible» de certaines sanctions. En particulier celles qui ont abouti au gel des avoirs iraniens dans des banques de pays tiers mais pas aux Etats-Unis, les sommes en jeu représentant des dizaines de milliards de dollars.

Parmi les adversaires les plus ardents du programme nucléaire iranien, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a exprimé sa satisfaction concernant l'absence de compromis. Avant le week-end, il avait déjà prévenu qu'il rejetterait «complètement» l'accord négocié à Genève.

Un ministre israélien a annoncé dimanche que son pays allait faire campagne auprès des parlementaires américains pour empêcher la conclusion d'un accord.

L'atmosphère optimiste des pourparlers pourrait toutefois avoir un premier résultat concret. L'AIEA, dont le directeur général Yukiya Amano sera lundi à Téhéran, espère obtenir des concessions de l'Iran sur le programme de vérifications et de visites dans ses installations nucléaires, notamment la base militaire de Parchin.

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(ats/afp)

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