26.04.2013 à 13:45

L'Italie pourrait avoir un gouvernement ce week-end

Tractations

Le dirigeant de gauche Enrico Letta pourrait donner à l'Italie un nouveau gouvernement de coalition dès samedi et présenter son programme en début de semaine devant le Parlement.

par
afp
Le pésident du Consiel désigné Enrico Letta devant la Chambre des Député, jeudi 25 avril à Rome.

Le pésident du Consiel désigné Enrico Letta devant la Chambre des Député, jeudi 25 avril à Rome.

Keystone

Cette fois pourrait être la bonne. Même l'ancien président du Conseil et leader du Parti de la liberté (PDL, droite) Silvio Berlusconi pense que les différends peuvent être aplanis.

Le numéro deux du Parti démocrate (PD, centre-gauche) Enrico Letta est en effet en discussion pour aplanir ses différends avec le PDL, après une première série de discussions jeudi. Il est prié de faire vite. L'Italie, en crise politique et économique, est sans gouvernement depuis deux mois.

Le président du Conseil désigné s'est entretenu dans la matinée avec le président de la République, Giorgio Napolitano, et avec le président du Conseil sortant, Mario Monti. Il ne devrait pas annoncer la composition de son équipe avant samedi, dit-on dans son entourage.

Enrico Letta se garderait la journée de dimanche pour préparer son discours de politique générale qu'il prononcerait devant le parlement lundi. La nouvelle équipe se présenterait ensuite devant les deux chambres pour obtenir le feu vert des élus.

Silvio Berlusconi optimiste

Un des principaux différends à résoudre entre la gauche et la droite concerne l'abolition, demandée par le PDL de Silvio Berlusconi, de la taxe sur les résidences principales (ou impôt municipal unique, IMU) réintroduite l'an dernier par le gouvernement de Mario Monti. Le PDL exige aussi le remboursement des sommes versées par les contribuables.

Le PD s'est dit favorable à la réduction de la taxe, mais pas à sa suppression totale pour des raisons budgétaires. La suppression de cette taxe et le remboursement des sommes versées l'an dernier constitueraient un «trou» de 8 milliards d'euros dans le budget de l'Etat.

Malgré ce différend de taille, Silvio Berlusconi se montre optimiste sur la formation d'un gouvernement. «Les choses se mettent bien en place», a déclaré Il Cavaliere au journal La Stampa. M. Letta a fait savoir que ses priorités allaient à la création d'emplois et à l'aide aux PME, ainsi qu'à la réforme des institutions, et notamment du droit électoral.

C'est en effet les pouvoirs égaux donnés aux deux chambres du parlement qui ont conduit à l'impasse actuelle. Deux mois après les législatives et sénatoriales de la fin février, l'Italie est toujours sans nouveau gouvernement.

Restera à se mettre d'accord sur les noms des ministres

Silvio Berlusconi, 76 ans, et Enrico Letta, 46 ans, ont au moins un point commun: ils veulent tous deux mettre de côté l'obsession de l'Union européenne pour l'austérité afin de privilégier des mesures de relance de la croissance économique et de l'investissement.

Une fois un consensus trouvé sur les grands principes, le chef du gouvernement désigné et les dirigeants du PDL vont devoir se mettre d'accord sur les noms des principaux ministres. Le PDL souhaite qu'à la différence du précédent gouvernement la nouvelle équipe soit essentiellement composée de politiques et non de techniciens.

Silvio Berlusconi aimerait que le ministère de l'Economie soit confié à Renato Brunetta, actuel chef du groupe PDL à la Chambre des députés et ancien professeur d'économie réputé pour sa pugnacité, alors que circulait le nom de Fabrizio Saccomanni, directeur général de la Banque d'Italie.

Parmi les autres candidats possibles figurent l'ancien président du Conseil Giuliano Amato. Mario Monti ou l'ancien président du Conseil Massimo D'Alema seraient quant à eux pressentis pour les Affaires étrangères. En ce qui le concerne personnellement, Il Cavaliere demande à faire partie du groupe qui sera chargé des réformes institutionnelles. Il souhaite notamment que le chef de l'Etat soit élu au suffrage universel direct, à l'instar de ce qui se passe en France depuis 1962.

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