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Conflit en UkraineL'Occident soutient Kiev et gèle les préparatifs du G8

Les Occidentaux, G7 en tête, ont multiplié les pressions sur la Russie, accusée par Kiev d'avoir choisi la guerre pour tenter de trouver une issue au conflit.

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Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

AFP
Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Keystone
A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

Keystone

Condamnant «la claire souveraineté» de l'Ukraine, le G7 a suspendu ses préparatifs en vue du sommet du G8 en juin à Sotchi.

Le gel des préparatifs restera valable «jusqu'à ce que l'environnement redevienne favorable à des discussions significatives au G8», ont précisé l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni, ainsi que les dirigeants de l'Union européenne, dans un communiqué diffusé par la Maison blanche.

Le G7, qui réunit les sept pays les plus industrialisés, est devenu au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, le G8 à partir de 1998, avec la participation de la Russie à ses sommets.

Plus tôt dimanche, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait prévenu que la Russie pourrait perdre son siège à la table du G8, face à la dégradation de la situation sur le terrain.

«Au bord de la catastrophe»

«Si le président (russe Vladimir) Poutine veut être le président qui a commencé une guerre entre deux pays voisins et amis, il est tout près d'atteindre son objectif. Nous sommes au bord de la catastrophe», a ainsi lancé le premier ministre, Arseni Iatseniouk. «Ce n'est pas une menace, c'est, en fait, une déclaration de guerre à mon pays», a-t-il ajouté.

Le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, a répété que Kiev espérait parvenir à une solution «pacifique» à la crise. Mais un autre haut responsable a parallèlement annoncé la mobilisation des réservistes ukrainiens afin d'assurer «la sécurité et l'intégrité du territoire».

A Kiev, environ 50'000 personnes se sont rassemblées sur le Maïdan, la place de l'Indépendance. «Nous ne nous rendrons pas!», ont-ils scandé à l'adresse de la Russie. Certains portaient des pancartes proclamant: «Poutine, touche pas à l'Ukraine!»

Mais la tension semblait monter dimanche en Crimée entre les deux camps. Aucun affrontement n'a toutefois été rapporté dans cette péninsule russophone du sud de l'Ukraine qui abrite la flotte russe de la mer Noire.

Explosion à Simféropol

Dimanche soir une forte explosion a été entendue dans toute la ville de Simféropol, la capitale de Crimée, ont rapporté des journalistes de l'AFP. Il n'a pas été immédiatement possible de déterminer l'origine de cette explosion.

Plusieurs sites stratégiques de la péninsule, bases militaires, aéroports ou bâtiments officiels ont fait l'objet de blocages par des hommes en armes, dont l'uniforme ne porte aucun signe distinctif, mais que les observateurs assimilent à des soldats russes.

Coup dur pour les autorités de Kiev, l'amiral Denis Berezovski, commandant en chef de la marine ukrainienne, nommé il y a quelques jours par le président ad interim Tourtchinov, a annoncé qu'il prêtait allégeance aux autorités locales prorusses de Crimée.

L'annonce de Moscou samedi, après avoir initialement semblé prendre de court les Occidentaux, a provoqué un tollé dans le monde.

Kerry à Kiev

John Kerry a annoncé sa venue mardi à Kiev pour réaffirmer le «soutien fort des Etats-Unis à la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine». Il sera précédé par le numéro deux de l'ONU, Jan Eliasson, qui devait s'envoler dimanche soir pour l'Ukraine.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, et son homologue grec, Evangelos Venizelos, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, sont arrivés dimanche à Kiev.

Dans des conversations téléphoniques avec la chancelière allemande Angela Merkel Vladimir Poutine a assuré que la réponse de la Russie à «la menace constante d'actes violents de la part des forces ultranationalistes (...) était totalement adaptée». Il a néanmoins accepté la création d'un «groupe de contact» pour entamer «un dialogue politique» sur l'Ukraine.

(ats)

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