Actualisé 28.02.2016 à 15:34

Votation cantonaleL'Office jurassien des véhicules garde son statut

Les Jurassiens n'ont pas voulu d'une autonomisation de l'Office des véhicules (OVJ). Le PS s'était opposé au projet.

La gauche jurasienne redoute que le canton ne lance un processus de démantèlement du service public.

La gauche jurasienne redoute que le canton ne lance un processus de démantèlement du service public.

ARCHIVES, Keystone

Ils ont désavoué le gouvernement et les partis de droite en rejetant dimanche par 64,8% des votants le changement de statut de ce service.

Les citoyens ont donc été sensibles aux arguments de la gauche qui dénonçait une première étape vers la privatisation de ce service de l'Etat. Au cours de la campagne, les opposants à ce projet ont fait part de leur crainte de voir la nouvelle forme juridique échapper totalement au contrôle du Parlement.

Référendum du PS

A l'origine du lancement du référendum, le Parti socialiste (PS) estimait qu'une autonomisation constituait une perte de pouvoir démocratique dans la gestion des affaires de l'Etat. Il craignait que cette réforme ne soit le préalable à d'autres formes d'externalisation de prestations de l'Etat.

La modification de la loi sur l'Office des véhicules a été refusée par 18'028 voix contre 9812. La participation s'est élevée à 51%.

Revers pour les autorités

Les partisans de ce changement de statut n'avaient pourtant pas ménagé leurs efforts en expliquant que cette réforme n'aurait entraîné ni réduction du personnel ni baisse des salaires. L'OVJ aurait géré son budget, ses investissements et son personnel.

«La menace de centralisation des activités de l'OVJ à Delémont, pourtant infondée, a sans doute pesé dans la balance», a estimé le Gouvernement jurassien après avoir pris connaissance de l'échec de son projet. Pour l'exécutif, la majorité des citoyens ont estimé que ce service devait poursuivre sa mission dans un cadre étatique.

Cette autonomisation aurait dû conférer un gain d'efficacité à un service des automobiles confronté à toujours davantage de travail en raison de l'augmentation du parc de véhicules. Des investissements sont impératifs pour rattraper le retard accumulé dans les expertises et éviter que des entreprises privées ne viennent le concurrencer dans le domaine, a affirmé dimanche le Gouvernement.

Pas une privatisation

Les partisans du projet avaient répété que cette transformation en établissement autonome de droit public ne constituait pas une privatisation ou même un pas dans cette direction. L'Etat en aurait exercé la surveillance comme c'est le cas pour l'établissement d'assurance immobilière.

Cette forme juridique existe déjà dans les cantons de Fribourg et de Neuchâtel. Il s'agit d'un contrat de prestations conclu entre un établissement cantonal de droit public et le gouvernement.

(ats)

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