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Armes chimiquesL'OIAC rajoute le Novitchok sur la liste noire

Le Novitchok qui est désormais inscrit sur la liste des substances chimiques interdites, avait été utilisé dans l'affaire Skripal.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques interdit désormais l'utilisation de l'agent toxique Novitchok.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques interdit désormais l'utilisation de l'agent toxique Novitchok.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a ajouté mercredi à sa liste des substances interdites le Novitchok. Cet agent neurotoxique, mis au point par l'Union soviétique pendant la Guerre froide, avait été utilisé en 2018 en Grande-Bretagne dans une attaque contre un ex-agent double russe.

L'amendement, inédit, de la liste des substances interdites de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques est le fruit d'une décision consensuelle prise par les 193 Etats membres, réunis cette semaine pour la réunion annuelle de l'OIAC, basée à La Haye.

La mise à jour de la convention, la première depuis l'entrée en vigueur de celle-ci en 1997, a été saluée par une salve d'applaudissements des représentants des Etats membres. «Nous vivons un moment important aujourd'hui», a déclaré le directeur général de l'OIAC, Fernando Arias.

«S'adapter à l'évolution des menaces»

«C'est la première fois de son histoire que la liste des substances chimiques (...) a été mise à jour», a-t-il poursuivi. Cette nouvelle étape démontre «la capacité de la convention à s'adapter à l'évolution des menaces».

Tom DiNanno, assistant adjoint au Secrétaire d'Etat américain pour la défense et représentant des Etats-Unis lors de la réunion, a «salué la décision consensuelle d'ajouter le Novitchok» à la liste des substances interdites.

Le Novitchok, un agent neurotoxique de qualité militaire, avait notamment été utilisé en mars 2018 lors de l'attaque à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre) contre l'ex-agent double russe Sergueï Skripal, qui y vivait, et sa fille Ioulia. Ils avaient tous deux survécu mais une habitante de la région, Dawn Sturgess, était morte après avoir trouvé un flacon de ce qu'elle pensait être un parfum et s'en être servi. Le flacon avait sans doute servi à acheminer le Novitchok depuis la Russie, selon les enquêteurs.

Les Occidentaux, avec Londres à leur tête, ont accusé Moscou d'être à l'origine de l'empoisonnement visant Sergueï Skripal. La Russie a nié toute implication.

Le Canada, les Pays-Bas et les Etats-Unis ont présenté en 2018 une proposition visant à interdire des produits de type Novitchok, qui ne figuraient pas sur la liste de l'OIAC. La Russie a ensuite présenté sa propre proposition visant à interdire plusieurs autres produits chimiques de ce type qui, selon elle, avaient été développés par les Etats-Unis. Un consensus a été trouvé entre les deux camps.

(ats)

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