Monde: L'ONG ActionAid sommée de quitter le Pakistan

Publié

MondeL'ONG ActionAid sommée de quitter le Pakistan

L'ONG internationale ActionAid, très active dans le pays depuis 1992, vient d'être mise dehors. D'autres organisations craignent de subir le même sort.

Le Pakistan a prié l'ONG ActionAid, présente sur le territoire depuis 1992, de faire ses bagages.

Le Pakistan a prié l'ONG ActionAid, présente sur le territoire depuis 1992, de faire ses bagages.

Banaras Khan, AFP

Le Pakistan a sommé l'ONG internationale ActionAid, qui y travaille sur des projets de développement et de promotion des droits des femmes, de quitter le pays, a indiqué cette organisation humanitaire à l'AFP.

«Il est demandé à (ActionAid) de liquider ses opérations dans les soixante jours», a intimé le ministère de l'Intérieur dans une lettre à ActionAid dont l'AFP a eu copie. Aucun représentant du ministère de l'Intérieur n'a pu être contacté pour commentaire.

L'ONG s'était déjà vu notifier qu'elle devait quitter le Pakistan l'an passé, après que sa demande d'enregistrement en tant qu'ONG avait été refusée. ActionAid avait fait appel de cette décision.

L'organisation pourra à nouveau demander à s'enregistrer au Pakistan six mois après l'émission du courrier du ministère de l'Intérieur, daté de mardi, peut-on lire sur ce document.

Cette décision s'inscrit dans «l'inquiétante recrudescence récente d'attaques contre la société civile, les intellectuels et les journalistes», a estimé ActionAid dans un communiqué.

«Nous prenons des conseils juridiques (...) et apportons dans le même temps du soutien à nos équipes et à nos partenaires sur le terrain», a déclaré le responsable de l'ONG, Adriano Campolina, dans ce texte.

Crainte de l'effet domino

ActionAid travaillait au Pakistan depuis 1992, selon le Forum humanitaire pakistanais, qui regroupe 54 ONG internationales actives dans le pays.

Dix-sept autres ONG internationales, également en attente d'un retour du ministère de l'Intérieur, craignent de subir le même sort, a indiqué à l'AFP un cadre du Forum humanitaire international, sous couvert d'anonymat.

En 2015, le Pakistan avait demandé à toutes les ONG étrangères de s'enregistrer à nouveau pour «assurer la transparence de (leur) système de comptabilité». «Nous devrions connaître les sources de financement des groupes et dans quels buts l'argent est donné», avait commenté le ministre de l'Intérieur Chaudhry Nisar Ali Khan, alors aux affaires.

Le Pakistan a ces dernières années durci ses procédures et limité la liberté de mouvements des organisations humanitaires étrangères, régulièrement accusées d'espionnage.

En 2012, Islamabad avait expulsé l'ensemble des employés expatriés de Save The Children après que les services de renseignement avaient accusé cette ONG d'être en relation avec Shakeel Afridi, le médecin pakistanais qui a aidé la CIA dans sa traque d'Oussama Ben Laden, tué par un raid américain dans le nord du pays en mai 2011.

Save the Children, qui avait à nouveau vu ses opérations suspendues en 2015 pour «activités contre l'Etat pakistanais», a toujours nié être en contact avec le médecin ou la CIA.

(AFP)

Ton opinion