Islamabad: L'ONG Save the Children sommée de quitter le Pakistan
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IslamabadL'ONG Save the Children sommée de quitter le Pakistan

L'ONG est accusée «d'agir contre les intérêts» du pays. Islamabad a donné quinze jours à ses expatriés pour quitter le pays.

Un policier pakistanais surveille l'entrée des bureaux de Save the Children.

Un policier pakistanais surveille l'entrée des bureaux de Save the Children.

AFP

Le Pakistan a fermé ce jeudi soir 11 juin de force les locaux de Save the Children à Islamabad.

L'association est accusée «d'agir contre les intérêts» du pays. Islamabad a donné quinze jours à ses expatriés pour quitter le pays.

Save the Children était particulièrement surveillée par les autorités pakistanaises depuis 2012. Un rapport des services de renseignement locaux avait fait un lien entre l'ONG et Shakeel Afridi, le médecin pakistanais qui a aidé la CIA dans sa traque d'Oussama Ben Laden, tué par un raid commando américain dans le nord du pays en mai 2011.

Jeudi soir, des représentants du gouvernement accompagnés de policiers sont arrivés au siège de Save The Children. Ils ont posé un cadenas sur le portail d'entrée du complexe.

«Nous avons (également) apposé des scellés sur l'entrée des bureaux de Save the Children sur ordre du gouvernement», a dit un responsable gouvernemental, Kamran Cheema. «Nous ne savons pas les raisons de cette fermeture. Nous avons juste reçu un avis de trois lignes du ministère de l'Intérieur disant que les bureaux devaient être mis sous scellés et tous les expatriés retourner dans leurs pays sous 15 jours».

Mutisme des autorités

Les autorités n'ont pas officiellement communiqué sur le sujet. Un responsable du ministère de l'Intérieur a cependant affirmé à l'AFP sous couvert d'anonymat que l'ONG «était impliquée dans des activités antipakistanaises».

Contacté, Save The Children a «confirmé que son bureau à Islamabad avait été fermé et scellé aujourd'hui (jeudi) par les autorités pakistanaises». L'ONG a précisé «travailler au Pakistan depuis plus de 35 ans et avoir 1200 employés dans le pays», ajoutant qu'elle n'y comptait plus aucun expatrié.

L'ONG pas avertie

«Save The Children n'avait pas été notifié de cette décision. Nous nous opposons fortement à cette intervention et nous sommes en train d'exprimer nos graves préoccupations au plus haut niveau», a ajouté l'ONG dans un communiqué diffusé de son siège londonien.

Après la divulgation du rapport des services de renseignements pakistanais établissant un lien entre Save the Children et le Dr Afridi, donc la CIA, les expatriés de l'ONG avaient été obligés de quitter le pays.

L'ONG, qui travaille notamment sur des projets dans l'éducation, la santé et l'alimentation, a toujours nié en bloc ces accusations de liens avec le Dr Afridi ou la CIA.

(ats)

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