Yémen: L'ONU accuse la coalition et les Houthis d'exactions
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YémenL'ONU accuse la coalition et les Houthis d'exactions

Au moins un objectif civil a été bombardé, selon un rapport qui accuse les Houthis de se servir de civils comme bouclier.

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Afin de prévenir la propagation de la pandémie, la coalition militaire menée Ryad observera un arrêt des combats dès jeudi. (7 avril 2020)

Afin de prévenir la propagation de la pandémie, la coalition militaire menée Ryad observera un arrêt des combats dès jeudi. (7 avril 2020)

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La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

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La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

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La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a bombardé au moins un objectif civil en violation des lois humanitaires, selon un rapport d'experts de l'ONU. Ce rapport confidentiel de 105 pages, rédigé par un groupe d'experts chargés de surveiller le respect des sanctions imposées au Yémen, est destiné au Conseil de sécurité.

Il accuse par ailleurs les rebelles chiites Houthis de se servir de la population comme d'un bouclier et signale que la branche yéménite d'Al-Qaïda a perfectionné ses techniques de fabrication de mines artisanales.

Les experts concluent à «des violations du droit international humanitaire» commis par les Houthis et leurs alliés, par la coalition menée par Ryad et par le gouvernement yéménite. «La majorité des victimes civiles de toutes ces attaques sont des femmes et des enfants», souligne le rapport.

Une maison civile visée

Ainsi le 25 mai 2016, la coalition a mené «un raid aérien ciblant une maison civile» dans le village de al-Mahala, à Lahj. Six occupants de la maison ont été tués, dont quatre enfants. «Il n'y a aucune preuve (..) que cette maison était un objectif militaire au moment de l'attaque», affirment les experts.

Ils disent «poursuivre leur enquête» sur trois autres raids aériens qui auraient pu aussi causer des victimes civiles «en violation des lois humanitaires internationales».

La coalition, qui mène une campagne de bombardements depuis mars 2015 pour soutenir le gouvernement yéménite contre les rebelles, a toujours affirmé ne pas viser délibérément des cibles civiles.

Explosions dans des zones peuplées

Les experts se déclarent «presque certains qu'à al-Mukha, dans le gouvernorat de Taëz, les Houthis ont dissimulé des combattants et leur équipement dans ou à proximité de civils et d'installations civiles dans le but d'éviter une attaque (..) mettant ainsi délibérément la population civile en danger». Les rebelles font aussi exploser des munitions, par exemple des roquettes, dans des zones peuplées, notamment à Taëz.

Les Houthis financent leurs opérations militaires en pillant les réserves de la Banque centrale yéménite, d'où ils détournent environ 100 millions de dollars par mois, indique le rapport.

Il estime aussi que le groupe djihadiste, Etat islamique a reçu en mars et avril «une importante quantité d'argent liquide au Yémen, qu'il utilise pour recruter, financer ses opérations et acheter des équipements».

Petites «usines à bombes»

Quant au groupe rival Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), il a amélioré depuis deux ans sa capacité à produire des engins explosifs artisanaux utilisés le long des routes contre des véhicules. Le rapport signale la création de petites «usines à bombes» et l'utilisation de détonateurs électriques perfectionnés et plus fiables.

Le conflit au Yémen a fait plus de 6'400 morts et déplacé 2,8 millions de personnes.

Il oppose les forces loyales au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite, aux Houthis alliés à l'ex-chef de l'Etat du Yémen, Ali Abdallah Saleh. Les rebelles et leurs alliés contrôlent toujours la capitale Sanaa et de vastes portions du territoire.

(AFP)

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