09.10.2015 à 17:26

Crise migratoireL'ONU autorise Bruxelles à agir par la force contre les passeurs

L'Union européenne pourra compter sur le soutien des Nations unies afin d'étendre son opération navale en Méditerranée.

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Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Marina Militare, Reuters
Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Keystone
Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Keystone

Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné son aval vendredi à l'UE pour arraisonner en haute mer des navires de migrants venant de Libye qui tentent de gagner l'Europe. L'opération, baptisée Sophia, était cantonnée jusqu'ici à la surveillance des réseaux de passeurs.

La résolution onusienne a été adoptée par 14 voix pour et une abstention (le Vénézuela) parmi les 15 membres du Conseil.

Les Européens ont étendu mercredi leur opération militaire navale pour lutter contre les passeurs dans les eaux internationales au large de la Libye. Six bâtiments de guerre européens (italien, français, allemands, britannique et espagnol) peuvent désormais arraisonner par la force, inspecter, saisir et détruire les navires utilisés par les trafiquants.

Légitimité internationale

La résolution d'origine britannique, qui était en discussion depuis plusieurs semaines, donne une légitimité internationale accrue à cette opération qui vise à contenir le flot ininterrompu de centaines de milliers de migrants et de réfugiés. Elle autorise les Européens à «inspecter en haute mer au-delà des côtes de la Libye des navires qu'ils soupçonneraient sérieusement d'être utilisés» par les passeurs pour acheminer des migrants depuis la Libye.

Ils devront cependant s'efforcer d'obtenir au préalable le consentement des pays dont les navires battent pavillon. Si les soupçons sont confirmés, les navires pourront être «saisis» et ensuite être rendus inutilisables ou détruits. Les migrants trouvés sur les navires arraisonnés seront secourus et transportés en Italie pour que leurs demandes d'asile puissent être examinées, et les passeurs interpellés seront jugés.

Coopération avec la Libye

La résolution demande aux pays membres des Nations unies de coopérer avec la Libye et de poursuivre systématiquement en justice les trafiquants. Elle souligne que les migrants «doivent être traités avec humanité et dignité» dans le respect de leurs droits.

L'autorisation sera valable pour une période d'un an et ne s'appliquera qu'au trafic de migrants dans les eaux internationales au large de la Libye. Cette résolution est placée sous le chapitre 7 de la Charte des Nations unies qui prévoit de recourir à la force pour assurer la paix et la sécurité internationales.

L'adoption de ce texte, dont l'objectif premier est de «sauver les vies des migrants menacées», avait été retardée plusieurs fois par des objections de la Russie, puis des trois pays africains du Conseil (Angola, Nigeria, Tchad) et du Vénézuela. Ces pays membres du Conseil invoquaient le respect de la souveraineté nationale ou une réticence à autoriser l'usage de la force de façon trop large.

(ats)

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