Congo: L'ONU dénonce l'usage excessif de la force

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CongoL'ONU dénonce l'usage excessif de la force

Depuis lundi et l'expiration du dernier mandat de Laurent-Désiré Kabila, des affrontements ont fait 19 morts en RDC.

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Après un malaise qui a duré 12 minutes, Felix Tshisekedi  a prêté serment comme nouveau président de la République démocratique du Congo. (Jeudi  24 janvier 2019)

Après un malaise qui a duré 12 minutes, Felix Tshisekedi a prêté serment comme nouveau président de la République démocratique du Congo. (Jeudi 24 janvier 2019)

Keystone
Une accolade entre Felix Tshisekedi (à droite) et le président sortant Joseph Kabila   (Jeudi  24 janvier 2019

Une accolade entre Felix Tshisekedi (à droite) et le président sortant Joseph Kabila (Jeudi 24 janvier 2019

AFP
La Cour constitutionnelle a officiellement proclamé l'opposant Félix Tshisekedi président de la République démocratique du Congo (RDC). (Dimanche 20 janvier 2019)

La Cour constitutionnelle a officiellement proclamé l'opposant Félix Tshisekedi président de la République démocratique du Congo (RDC). (Dimanche 20 janvier 2019)

AFP

L'ONU a condamné mercredi «l'usage excessif de la force» par les forces de sécurité de RDC face aux manifestants protestant contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila. L'Eglise catholique a de son côté exigé qu'un accord soit trouvé avant Noël.

Selon José Maria Aranaz, directeur du Bureau aux droits de l'homme des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC), au moins 19 personnes ont été abattues et 45 autres blessées par balles lors d'affrontements avec les forces de l'ordre depuis lundi minuit, date de l'expiration du second et dernier mandat de Laurent-Désiré Kabila.

«Nous sommes très préoccupés par l'usage excessif de la force par les agents de l'Etat», a dit José Maria Aranaz à des journalistes. Il a mis en cause «en particulier la police, la Garde républicaine, la police militaire et l'Agence nationale de renseignement».

Pas de bilan fiable

Les bilans des violences de mardi varient d'une source à l'autre et le porte-parole de la police congolaise, Pierre Mwanamputu, a fait état de 21 civils et un policier tués dans l'ensemble du pays où se déroulent des pillages. Les forces de sécurité ont procédé à 275 arrestations, a-t-il ajouté.

Le porte-parole du gouvernement Lambert Mende avait annoncé mardi un bilan de neuf morts dont un policier, ajoutant que tous les civils tués se livraient à des pillages. L'ONG Human Rights Watch (HRW) a pour sa part avancé un bilan d'au moins 26 tués.

Ultimatum des évêques

Dans ce contexte, les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) ont adressé un ultimatum aux participants des négociations qui ont repris mercredi entre pouvoir et opposition.

«Notre souhait est de clôturer avant Noël. Si les acteurs politiques et de la société civile n'arrivent pas à un compromis à cette échéance [...] la Cenco en tirera toutes les conséquences qui s'imposent», a averti Mgr Marcel Utembi, président de la Cenco. Les évêques jouent le rôle de médiateur dans ces négociations.

L'Eglise catholique a joué un rôle majeur dans l'ouverture démocratique pendant les dernières années du règne de Mobutu Sese Seko, renversé en 1997 par Laurent-Désiré Kabila, père de l'actuel président. Sur les questions politiques, elle jouit d'une audience qui dépasse largement le cercle de ses fidèles (40% de la population).

Pourparlers bloqués

Laurent-Désiré Kabila, 45 ans, est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Les pourparlers sous l'égide de la Cenco ont commencé le 8 décembre pour instaurer un régime de transition chargée d'organiser une élection présidentielle et d'éviter une nouvelle guerre civile dans ce pays, ravagé par deux conflits qui ont fait au moins trois millions de morts de 1996 à 2003.

Les négociations ont été suspendues le 17 décembre en l'absence d'avancée majeure. Elles achoppent notamment sur l'avenir du chef de l'Etat, soupçonné par ses détracteurs de vouloir se maintenir éternellement au pouvoir.

(ats)

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