Actualisé 30.08.2017 à 23:39

LibanL'ONU prolonge d'un an le mandat de la Finul

Malgré des dissensions entre Américains et Européens, le mandat des casques bleus au Liban sera prolongé d'une année.

L'Italie et la France sont des gros contributeurs de troupes à la Finul. (Mercredi 30 août 2017)

L'Italie et la France sont des gros contributeurs de troupes à la Finul. (Mercredi 30 août 2017)

Archives, AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi à l'unanimité une résolution prolongeant d'un an la mission des Casques bleus de la Finul au Liban, après des dissensions entre Européens et Américains qui voulaient renforcer leur mandat contre le Hezbollah.

«Les nuages de la guerre s'accumulent» dans le sud du Liban et «la résolution demande à la Finul de redoubler d'efforts (...) pour qu'il n'y ait pas d'armes et de terroristes» dans cette zone, a déclaré l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, en se félicitant d'un mandat qu'elle juge désormais plus fort.

L'Italie, qui compte 1100 Casques bleus au Liban, et la France (700 militaires), rédactrice de la résolution, ont souligné a contrario que l'essence de la mission de la Finul n'était pas modifiée comme le souhaitait à l'origine Washington. Présente au Liban depuis 1978, la Finul compte actuellement quelque 10'500 Casques bleus.

Les Etats-Unis voulaient plus

Un paragraphe dans le texte adopté prévoit de demander au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, «d'étudier les moyens de renforcer les efforts de la Finul, notamment pour sa visibilité sur le terrain, via des patrouilles et des inspections, dans son mandat et ses capacités actuels».

Ce passage «ne modifie pas le mandat de la Finul», a fait valoir l'ambassadeur italien à l'ONU, Sebastiano Cardi. Dans la résolution, le rôle des forces libanaises est inchangé et la Finul devra toujours oeuvrer en assistance du Liban pour notamment les inspections sur les armes, a-t-on aussi relevé du côté français.

Les Etats-Unis voulaient beaucoup plus, mais ce n'était pas acceptable car cela modifiait en profondeur le mandat, selon Paris qui s'est targué de l'appui sur ce sujet d'une majorité des membres du Conseil de sécurité.

Pour les Européens, il n'est pas possible de demander aux Casques bleus de pénétrer dans des habitations privées pour y saisir des armes. En vertu de leur mandat, ils n'ont la possibilité de le faire qu'en cas de menace précise et imminente.

Analyses divergentes

Un autre point de dissension important entre Américains et Européens porte sur leur appréciation de la situation dans la région. Pour Washington, premier allié d'Israël, «la situation reste très difficile» dans le sud du Liban, avec notamment l'«accumulation d'un arsenal (...) qui échappe au contrôle du gouvernement» libanais, a affirmé Nikki Haley. Selon elle, le commandement de la Finul est «aveugle» sur cette question.

Israël a répété dernièrement que le groupe chiite libanais Hezbollah ne cessait de s'armer, disposant de 120'000 missiles. Il utilise à des fins militaires des écoles et des mosquées dans le sud du Liban face à Israël, et stocke des armes dans les maisons, ont aussi assuré les Israéliens.

Lors de la réunion du Conseil de sécurité, la France, par la voix de sa représentante adjointe, Anne Gueguen, a souligné pour sa part que la zone était restée «globalement stable depuis dix ans» grâce à la Finul. Elle a aussi parlé de «délicats équilibres» qu'il ne faut pas mettre en cause. «Les Etats-Unis ne vont pas rester les bras croisés alors que le Hezbollah se renforce pour préparer la guerre», a cependant asséné Nikki Haley.

Les Etats-Unis isolés

Le renouvellement du mandat de la Finul a donné lieu tout au long du mois d'août à un bras de fer entre les Etats-Unis et leurs partenaires du Conseil de sécurité. Pour l'administration de Donald Trump, il n'est plus question de procéder à des renouvellements de missions de Casques bleus de manière technique sans s'interroger sur le fond de leur mandat.

Sur la prolongation de la Finul, les Etats-Unis, qui n'ont pas de militaires sur le terrain dans le cadre de cette mission, se sont retrouvés vite isolés au Conseil de sécurité.

Depuis 2006 et la fin d'une guerre entre Israël et le Hezbollah, les Casques bleus sont garants d'un cessez-le-feu et d'un retrait israélien d'une zone tampon à la frontière israélo-libanaise. Ils doivent assurer la sécurité et aider le gouvernement libanais à asseoir son autorité dans la région.

(AFP)

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