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VenezuelaL'opposition appelle l'armée à la rescousse

Un des principaux dirigeants de l'opposition, Leopoldo Lopez a exhorté mercredi les militaires à désavouer le projet d'Assemblée constituante du président Nicolas Maduro.

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Les chavistes accusent leurs adversaires d'avoir souhaité des sanctions financières américaines voire une intervention militaire, une «trahison de la patrie» selon eux. (Photo d'archives)

Les chavistes accusent leurs adversaires d'avoir souhaité des sanctions financières américaines voire une intervention militaire, une «trahison de la patrie» selon eux. (Photo d'archives)

AFP
L'ex-procureure générale Luisa Ortega, évincée par l'Assemblée constituante s'est réfugiée en Colombie, vendredi 18 août. Chaviste devenue opposante farouche au président du même bord politique, Nicolas Maduro, elle a été écartée du pouvoir dès que la Constituante a été instalée. (Image d'archive)

L'ex-procureure générale Luisa Ortega, évincée par l'Assemblée constituante s'est réfugiée en Colombie, vendredi 18 août. Chaviste devenue opposante farouche au président du même bord politique, Nicolas Maduro, elle a été écartée du pouvoir dès que la Constituante a été instalée. (Image d'archive)

Keystone
Vendredi 18 août également, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a été privé de la majorité de ses pouvoirs par l'Assemblée Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro. (Image d'archive)

Vendredi 18 août également, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a été privé de la majorité de ses pouvoirs par l'Assemblée Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro. (Image d'archive)

Keystone

«Je vous invite à ne pas être complices de l'anéantissement de la République, d'une fraude constitutionnelle, de la répression», a déclaré M. Lopez, fondateur du parti Volonté populaire, dans une vidéo diffusée sur Twitter.

«Soyez sûrs que vous aurez le soutien des citoyens et de la Constitution», a ajouté l'opposant, qui est sorti de prison le 8 juillet après trois ans et cinq mois de détention et se trouve aux arrêts domiciliaires.

Grève générale

Ce message adressé à l'armée, principal soutien de M. Maduro, a été diffusé alors que le Venezuela se préparait à une grève générale de 48 heures, mercredi et jeudi, à l'appel de l'opposition.

Signe de la tension ambiante et des craintes de nouvelles violences, les Vénézuéliens cherchaient à faire le plein de provisions avant le début de cette grève à 06h00 locales (12h00 suisses).

Selon l'institut de sondage Datanalisis, quelque 70% des Vénézuéliens sont opposés à la Constituante. Les antichavistes considèrent que les modalités du scrutin de dimanche ne sont pas équitables et favorisent le camp au pouvoir. Ils voient dans ce projet de réécrire la Constitution un moyen pour M. Maduro de se cramponner au pouvoir, de contourner le Parlement - contrôlé par l'opposition - et d'éviter l'élection présidentielle de fin 2018.

Montée en puissance

L'opposition compte monter en puissance au fil de cette semaine. Outre l'appel au boycott de l'élection de dimanche, elle a également prévu une grande manifestation à Caracas vendredi.

Le dirigeant de l'opposition Henrique Capriles a appelé les Vénézuéliens à «donner le tout pour le tout» lors de la grève de mercredi et jeudi et de la marche de vendredi. «Maduro veut isoler le Venezuela du monde démocratique», a-t-il averti.

La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, principale figure de la dissidence au sein du camp chaviste, a elle aussi appelé les citoyens à la mobilisation contre l'assemblée constituante et a dénoncé «les persécutions et les abus» commis par le pouvoir.

«Pas être Cuba»

Dès lundi, les opposants étaient mobilisés pour perturber l'élection. «Nous ne voulons pas être Cuba», pouvait-on notamment lire sur des affiches qui ont commencé à fleurir sur les murs de centres électoraux à travers le pays. Certaines écoles dans lesquelles seront installées les urnes du scrutin étaient déjà gardées par l'armée.

Les principales centrales syndicales ont apporté leur soutien à la mobilisation lancée par l'opposition. «Cela va au delà des revendications syndicales», a déclaré la dirigeante syndicale Marcela Maspero. «C'est une grève historique qui tente d'arrêter la tyrannie».

Pression internationale

Simultanément, la pression internationale sur Caracas a augmenté ces derniers jours. Washington a menacé M. Maduro de sanctions et plusieurs gouvernements d'Amérique latine et d'Europe l'ont appelé à renoncer à son assemblée constituante.

Mais le président vénézuélien, dont le mandat s'achève en janvier 2019, a réaffirmé sa détermination, sommant l'opposition de «respecter le droit du peuple à voter librement» et «sans violence».

Une grève générale de 24 heures convoquée par l'opposition a eu lieu jeudi dernier. La MUD a assuré qu'elle avait été suivie à 85%, alors que M. Maduro et d'autres responsables gouvernementaux ont affirmé qu'elle avait été un échec.

Juges arrêtés

L'opposition a lancé vendredi un autre défi au pouvoir en élisant une Cour suprême parallèle, car elle ne reconnaît pas la légitimité de l'actuel Tribunal suprême de justice (TSJ, Cour suprême). Le parlement a donc élu 33 nouveaux magistrats pour constituer un TSJ parallèle.

Le TSJ a répliqué en déclarant que la formation de cette institution parallèle était constitutive des délits d'«usurpation de fonctions» et de «trahison de la patrie». Trois de ces juges ont déjà été arrêtés.

(ats)

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