10.11.2013 à 21:26

SyrieL'opposition n'ira pas à Genève sans le soutien des rebelles

Réunie à Istanbul, l'opposition syrienne a annoncé dimanche qu'elle ne participerait pas à une conférence de paix à Genève sans le soutien des rebelles.

Les membres de l'opposition syrienne réunis à Istanbul ont exclu d'aller à Genève sans le soutien des rebelles.

Les membres de l'opposition syrienne réunis à Istanbul ont exclu d'aller à Genève sans le soutien des rebelles.

Keystone

L'opposition syrienne, réunie à Istanbul en Turquie, a écarté dimanche toute participation à une éventuelle conférence de paix à Genève avec le régime de Damas sans le soutien des groupes rebelles. Au même moment, l'armée syrienne a repris une base stratégique près de l'aéroport d'Alep.

«Nous avons maintenant un dialogue, un partenariat; nous allons travailler avec ces brigades de l'ASL (Armée syrienne libre)», a déclaré le porte-parole de la coalition de l'opposition syrienne, au deuxième jour des discussions des différentes factions hostiles au président syrien Bachar al-Assad.

«Au bout du compte, nous sommes ensemble, nous sommes du même côté, nous combattons le même ennemi», a poursuivi le porte-parole. «Si nous devons nous rendre à Genève, ils (les représentants de l'ASL, ndlr) feront partie de la délégation. Ils ont autant d'intérêts que nous à la réussite d'une Syrie démocratique», a-t-il insisté.

Le porte-parole a précisé que la coalition de l'opposition syrienne avait formé deux délégations qui allaient se rendre en Syrie pour y discuter de l'opportunité se rendre à Genève avec des chefs des brigades de l'ASL.

Opposition divisée

La coalition est également en train de préparer une résolution formalisant sa position sur la conférence de paix que Russes et Américains essaient, avec l'ONU, de mettre sur pied pour trouver une solution politique au conflit qui a fait quelque 120'000 morts depuis le printemps 2011.

Samedi, la coalition a exigé des «gestes» de Damas et de son principal allié Moscou avant de se rendre à Genève et répété qu'une éventuelle conférence de paix ne pouvait aboutir qu'à un départ de l'actuel chef de l'Etat. Damas a à nouveau catégoriquement rejeté le scénario.

La principale vitrine politique des adversaires du président Assad reste très divisée sur l'idée de participer à d'éventuels pourparlers de paix à Genève, en dépit des pressions des pays occidentaux et arabes qui la soutiennent. Présentés comme «animés», les débats se sont poursuivis dimanche jusqu'en soirée à Istanbul et devaient reprendre lundi, selon le porte-parole de la coalition.

L'armée d'Assad progresse

En Syrie, les violences ne connaissent aucune trêve. L'armée syrienne a repris une base militaire stratégique près de l'aéroport international d'Alep (nord), a annoncé la télévision d'Etat syrienne. L'endroit était depuis février aux mains des rebelles.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche des rebelles, a également annoncé la prise de la base 80, au terme de trois jours de combats qui ont fait au moins 95 morts dans les deux camps.

Selon l'OSDH, la reprise du site prépare le terrain en vue de la réouverture de l'aéroport de la deuxième ville du pays, fermé depuis le début de l'année en raison de la recrudescence des attaques rebelles à l'est d'Alep.

Bombes incendiaires

Human Rights Watch (HRW) a pour sa part dénoncé l'utilisation par l'armée de l'air syrienne de bombes incendiaires lors de dizaines de raids au cours des douze derniers mois. Selon l'ONG, un engin d'une demi-tonne a tué 37 personnes fin août dans une école de la province d'Alep.

HRW appelle la communauté internationale à condamner le recours par le régime de Damas à de telles armes, lesquelles contiennent des substances inflammables destinées à brûler objets et humains. L'ONG juge nécessaire que les textes internationaux restreignant la mise au point de ces armes soient renforcés.

«La Syrie a utilisé des bombes incendiaires afin d'infliger des souffrances terribles aux civils, parmi lesquels de nombreux enfants», déclare Bonnie Docherty, de HRW. Outre les bombes incendiaires, les forces de Bachar al-Assad ont utilisé des bombes à fragmentation et des armes à surpression thermobarique (ou «bombes à vide»), affirme HRW.

L'armée de Bachar al-Assad a déjà été accusée par l'Occident et par les insurgés d'avoir tiré des roquettes au gaz sarin, un agent innervant, sur des quartiers de la banlieue de Damas en août dernier, tuant alors des centaines de personnes.

(ats)

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