RDCongo: L'opposition refuse «le dialogue national»

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RDCongoL'opposition refuse «le dialogue national»

L'opposant Etienne Tshisekedi a déclaré organiser un «rassemblement».

L'opposant Etienne Tshisekedi, en 2012.

L'opposant Etienne Tshisekedi, en 2012.

Reuters

Un «rassemblement» d'opposition congolaise présidée par l'opposant historique Etienne Tshisekedi a annoncé dimanche son refus de participer au «dialogue national» prévu fin juillet en République démocratique du Congo, dans un communiqué transmis à l'AFP à Bruxelles.

Dans ce communiqué, qui est signé d'Etienne Tshisekedi et daté de Bruxelles, le «Rassemblement des Forces Politiques et Sociales de la RDC Acquises au Changement» récuse également le facilitateur de l'Union africaine (UA) pour le «dialogue national» en RDC, l'ex-premier ministre togolais Edem Kodjo.

Ce rassemblement «déplore la précipitation avec laquelle Edem Kodjo a lancé, unilatéralement, l'invitation pour les travaux préparatoires du dialogue au lendemain de la publication des ordonnances (signées par le président Joseph Kabila et accordant des grâces à certains détenus, ndlr) qui ne satisfont pas aux exigences de libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et d'opinion».

«Elections appaisées»

Le Rassemblement, créé lors du conclave de l'opposition congolaise organisé le 10 juin à Genval (Belgique), «considère que le communiqué du 23 juillet (par lequel Edem Kodjo annonçait le lancement le 30 juillet des travaux préparatoires au dialogue en vue d'élections "apaisées", ndlr) est «une machination de Monsieur Edem Kodjo et un mépris inacceptable à l'égard du peuple congolais».

Le Rassemblement ajoute qu'il »ne se sent pas concerné par ce communiqué «et récuse Edem Kodjo», en demandant à l'UA d'en tirer les conséquences.

En annonçant samedi pour le 30 juillet le lancement des travaux du comité préparatoire au dialogue national en RDC, Edem Kodjo avait précisé qu'ils avaient pour objectif de «préparer l'ordre du jour», et élaborer «un règlement intérieur du dialogue qui va suivre [et] résoudre toutes les questions logistiques et matérielles» liées à son organisation.

Le «dialogue national» doit mettre autour d'une même table les délégués de la majorité au pouvoir, ceux de l'opposition et de la société civile.

Fin novembre, le président congolais Joseph Kabila avait annoncé son intention de convoquer un «dialogue national inclusif» en vue d'«élections apaisées» en RDC.

Au pouvoir depuis 2001

La majeure partie de l'opposition avait d'abord boudé ces pourparlers, y voyant un «piège» tendu par Joseph Kabila pour tenter de prolonger son mandat au delà de son terme légal.

«Tout le monde est maintenant dans les bonnes dispositions pour aller au dialogue proprement» dit qui durera entre deux et trois semaines, a estimé samedi M. Kodjo.

Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat prend fin le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter.

Mais le climat politique est très tendu, l'opposition suspectant Joseph Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir. Un arrêt récent de la Cour constitutionnelle a autorisé le chef de l'État à rester en fonction si l'élection présidentielle censée avoir lieu cette année n'était pas organisée. Or il sera très difficile d'organiser ce scrutin dans les temps.

L'opposant historique Étienne Tshisekedi, octogénaire et en convalescence à Bruxelles depuis bientôt deux ans avait annoncé son intention de revenir au pays le 27 juillet.

(AFP)

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