03.05.2013 à 18:50

GuerreL'opposition syrienne dénonce un nouveau «massacre»

L'opposition syrienne a dénoncé vendredi un «massacre à grande échelle» commis par les forces du régime dans un village sunnite proche de Banias (nord-ouest), ville à majorité alaouite.

Les forces du régime prises en photo à Bayda.

Les forces du régime prises en photo à Bayda.

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Au moins 50 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées, selon l'Organisation syrienne des droits de l'homme (OSDH).

Les faits se sont produits jeudi à Bayda, bourg sunnite à la périphérie sud de la ville portuaire de Banias, a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, citant «plusieurs sources concordantes dans le village». Il a fait état «d'exécutions sommaires et de bombardements».

«Certains ont été exécutés de façon sommaire, tués par balle, poignardés ou brûlés», selon cette ONG basée à Londres et proche de l'opposition, qui affirme s'appuyer sur un large réseau de militants et de sources militaires et médicales à travers la Syrie.

Appel à la communauté internationale

La Coalition de l'opposition syrienne a dénoncé dans un communiqué un «massacre à grande échelle» commis par les troupes du régime. Elle cite des témoins selon lesquels des couteaux ont été utilisés pour tuer des civils.

«La Coalition appelle la Ligue arabe et les Nations Unies à agir rapidement pour sauver les civils de Bayda, de Banias et des autres villages à travers la Syrie», affirme l'opposition, accusant le régime de «crimes de guerre et de génocide».

«Des dizaines de civils de Bayda sont portés disparus, on ne sait pas s'ils ont été arrêtés, tués ou s'ils ont fui», a souligné M. Abdel Rahmane. Selon lui, «beaucoup de villageois ont fui vers les quartiers sunnites du sud de Banias car ils ne peuvent pas se réfugier dans les régions alaouites» - la communauté dont fait partie le président Bachar al-Assad.

Violents combats

Cette information de l'opposition n'a pu être vérifiée de façon indépendante sur place. L'agence officielle Sana, citant un haut responsable, avait rapporté jeudi que l'armée avait tué des «terroristes» - un terme utilisé par le régime pour désigner les rebelles - à Bayda et dans d'autres régions habitées par des sunnites.

Des violents combats ont éclaté jeudi entre soldats et rebelles aux abords de Banias, au coeur du pays alaouite, pour la première fois depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011.

Défendre le «réduit allaouite»

La région de Banias est majoritairement alaouite, avec une population sunnite dans les villages de sa périphérie sud. Les rebelles qui combattent les forces du régime sont majoritairement sunnites.

«Le régime n'autorisera pas la présence de rebelles dans cette région», qui fait partie du «pays alaouite» sur la côte syrienne, a précisé M. Abdel Rahmane. Des analystes avancent le scénario d'un repli du président syrien vers ce réduit en cas de la chute de son régime.

Possible démission de Brahimi

L'annonce de ce nouveau «massacre» intervient alors que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont discuté jeudi de la suite à donner aux initiatives diplomatiques sur la Syrie au moment où le médiateur international Lakhdar Brahimi se préparerait à démissionner.

La démission du diplomate algérien, qui a succédé l'été dernier à Kofi Annan au poste d'envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe, ne serait plus qu'une question de jours. Certains diplomates disent qu'il pourrait remettre sa démission d'ici la fin du mois.

Ce nouvel échec pourrait conduire Ban Ki-moon à s'impliquer plus directement dans la recherche d'une solution politique à la crise syrienne qui a fait plus de 70'000 morts depuis mars 2011.

(ats/afp/reuters)

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