Ballons: L'organisateur a gagné sa course

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BallonsL'organisateur a gagné sa course

Aller loin en consommant peu, c'est le défi relevé samedi par sept équipages d'aérostiers partis de Neuchâtel. Le vainqueur, c'est l'écologie.

par
Vincent Donzé
Après le départ à Neuchâtel, la compétition s'est déroulée dans la bonne humeur. Grande photo: un selfie du Team ESP 1 Vitogaz II (Carles Figueras Léal et Manel Rodriguez).

Après le départ à Neuchâtel, la compétition s'est déroulée dans la bonne humeur. Grande photo: un selfie du Team ESP 1 Vitogaz II (Carles Figueras Léal et Manel Rodriguez).

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Parcourir 475 kilomètres en 10 h 45', c'est la performance réalisée samedi au Balloon Concept Challenge, une course «énergétique» organisée par l'aérostier neuchâtelois Pierrick Duvoisin (39 ans). Les sept concurrents partis de Neuchâtel n'avaient qu'un but: promouvoir les ballons métalliques du futur. Celui qui a parcouru la plus longue distance, c'est… l'organisateur, avec son copilote, Thibor Jaggi. Explication de Pierrick Duvoisin: «Nous figurons parmi les plus expérimentés.» Mais ce résultat sera pondéré par la consommation, la charge et le volume des ballons.

Un ballon n'ayant aucune fonction utilitaire, pourquoi s'évertuer à diminuer la consommation de propane liquide, anecdotique par rapport à la pollution automobile? «Il vole tout de même 50 000 ballons autour du monde», nuance Alain Cruteanschii, président belge des aéronautes de Monaco.

Double enveloppe

Diminuer la consommation par trois ou quatre, c'est possible en recouvrant le tissu d'une pellicule d'aluminium qui sert d'isolant en coupant les rayons infrarouges. Mais le message martelé, c'est qu'une double enveloppe réduit les échanges thermiques entre l'air chaud contenu à l'intérieur du ballon et l'air froid extérieur. «Ce principe vaut pour un vitrage comme pour une veste: l'isolation réduit la consommation d'énergie», soutient Alain Cruteanschii.

«Les ballons écologiques sont des prototypes coûteux, mais le jeu en vaudra la chandelle le jour où le prix du gaz aura triplé», estime Paolo Bonanno, fabricant italien de brûleurs. Avant le départ des ballons high-tech, samedi matin à 3 h sur une place éclairée aux Jeunes-Rives de Neuchâtel, les bouteilles de gaz ont été pesées. La consommation s'est limitée à 10 kg/h au lieu de 35 kg/h pour un ballon conventionnel, sachant que 200 kilos de propane pour un vol, c'est 200 francs. «C'est simple: soit la combustion est écologique, soit elle est catastrophique!» résume Paolo Bonanno, qui est parvenu à réduire le bruit produit de 104 à 86 décibels.

«Nous ne sommes qu'au début de l'aventure», commente Josep Maria Lladó Costa, qui a construit 2000 ballons et 20 écoballons. Les aérostiers ont mis le cap sur Dresde en volant entre 2000 et 6000 mètres d'altitude. «Nous avons tenu compte de la nébulosité, des vents, des reliefs et des aéroports», indique Pierrick Duvoisin.

«C'est un sport qui demande beaucoup de logistique: préparation du matériel, oxygène à bord, nourriture et vêtements chauds. Et le vol s'est révélé plus complexe que prévu», résume l'organisateur, en précisant que les aérostiers sont habitués à des vols courts de une à trois heures. Au Balloon Concept Challenge, chaque équipage était suivi à distance par une voiture jusqu'à sa zone d'atterrissage, près de Nuremberg (D) pour Pierrick Duvoisin et Thibor Jaggi.

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