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REUNION DE CRISEL'Otan confirme l'entrée de troupes russes en Ukraine

Les autorités ukrainiennes se préparent au combat, tandis que la présence de convois militaires russes dans l'est du pays est confirmée par l'OTAN.

L'Ukraine a dit mercredi 12 novembre se préparer au combat en réaction à une concentration de troupes russes dans l'Est séparatiste prorusse confirmée par l'Otan, qui fait craindre une guerre ouverte après deux mois de trêve fragile.

Face à l'escalade militaire, le Conseil de sécurité de l'ONU devait se réunir d'urgence à 20h30 (heure suisse) pour discuter de la crise ukrainienne et entendre des représentants de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) chargée d'observer l'application du cessez-le-feu conclu en septembre par Kiev et les insurgés, aujourd'hui moribond.

A quelques heures de la réunion à New York, le secrétaire général de l'OSCE, Lamberto Zannier a estimé que l'afflux d'armes dans les zones rebelles pouvait «mener à une confrontation plus ouverte».

Confirmation de l'Otan

Moscou qui dément vigoureusement toute implication dans le conflit ayant fait plus de 4000 morts depuis la mi-avril a jugé «sans fondements» les accusations du commandant en chef de forces alliées de l'Otan en Europe, Philip Breedlove, sur l'entrée d'armes lourdes et de troupes russes en Ukraine.

Mais à Kiev, le ministre de la Défense Stepan Poltorak a souligné que la tâche primordiale était de «se préparer au combat».

«Nous observons un renforcement de la part des groupes terroristes (les insurgés dans la terminologie de Kiev, NDLR) ainsi que de la part de la Russie (...) Nous nous attendons à des agissements imprévisibles de leur part», a-t-il déclaré au cours du conseil des ministres.

Pour la première fois depuis la trêve du 5 septembre, l'Otan a confirmé mercredi l'entrée de convois militaires russes dans l'est de l'Ukraine.

Colonnes d'équipements russes

Ces deux derniers jours, «nous avons vu des colonnes d'équipements russes, des chars russes, des systèmes de défense antiaérienne russes, de l'artillerie russe, et des troupes de combat russes entrant en Ukraine», a déclaré le commandant en chef de l'Alliance atlantique, en déplacement à Sofia.

Depuis vendredi, l'Ukraine dénonce l'entrée sur son territoire de matériels lourds à partir de la Russie.

Intenses tirs d'artillerie

Le gouvernement ukrainien a annoncé mercredi le renforcement de la sécurité autour de Marioupol, port stratégique sur la mer d'Azov que les rebelles avaient désigné comme étant leur prochaine cible.

Selon un porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, des mouvements de convois militaires ont été observés près de Novoazovsk, ville proche de Marioupol et qui pourrait servir de base à une éventuelle offensive des insurgés sur le port.

Bastion rebelle, Donetsk a été secoué mercredi pendant quelques heures par des tirs d'artillerie plus intenses qu'au cours des derniers jours, selon des journalistes de l'AFP.

Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

L'Ukraine devait faire mercredi soir l'objet d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU qui devait entendre le chef de la mission de l'OSCE, Ertugrul Apakan, et une autre représentante de l'organisation, Heidi Tagliavini.

«Je pense que l'ONU devrait être informée du fait que la Russie projette une invasion de grande ampleur en Ukraine», a écrit mardi l'ambassadeur d'Ukraine à l'ONU, Iouri Sergueïev, sur son compte Twitter.

Les hostilités ont gagné en intensité depuis les élections organisées le 2 novembre dans les zones séparatistes, un scrutin rejeté par Kiev et l'Occident, mais reconnu de facto par la Russie.

Cette escalade a des répercussions sur l'économie ukrainienne en profonde récession.

Daltonisme géopolitique

La banque centrale d'Ukraine a annoncé jeudi augmenter son taux directeur à 14% contre 12,5% auparavant, déplorant «les attentes négatives» des marchés dues à «l'absence d'une désescalade» et la dévaluation de la monnaie nationale, la hryvnia, qui ne font qu'accélérer l'inflation.

Accusant Moscou d'avoir «franchi des centaines de lignes rouges» dans la crise ukrainienne, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a appelé la communauté internationale à «cesser de souffrir de daltonisme géopolitique», jugeant que l'Occident n'avait pas été assez ferme.

Vers de nouvelles sanctions ?

Mardi, la chancelière allemande Angela Merkel a indiqué que l'Union européenne ne prévoyait pas de nouvelles sanctions contre la Russie, mis à part la possibilité d'allonger la liste des responsables ukrainiens prorusses visés par les sanctions existantes.

Le dossier doit être abordé pendant une rencontre ministérielle à Bruxelles lundi prochain.

Les Occidentaux ont introduit des sanctions contre la Russie après l'annexion de la Crimée en mars qui ont été durcies après le crash le 17 juillet du Boeing du vol MH17 abattu par un missile au-dessus du territoire contrôlé par les séparatistes dans l'est de l'Ukraine avec 298 personnes à son bord.

Les experts néerlandais ont annoncé mercredi avoir encore découvert des restes humains sur le site tout en déplorant une situation sécuritaire «fragile» qui pourrait empêcher la récupération des débris de l'avion.

(ats)

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