Suisse: L'UDC veut un code pénal plus sévère
Publié

SuisseL'UDC veut un code pénal plus sévère

Le parti agrarien a présenté jeudi ses propositions de révision du code pénal suisse.

Les délinquants et les criminels violents ne devraient plus pouvoir échapper à la prison. L'UDC veut aller plus loin que le Conseil fédéral dans une révision du code pénal, sauf pour les délits routiers.

Le parti a présenté jeudi à la presse ses propositions sur le dossier actuellement aux mains de la commission des affaires juridiques du Conseil des Etats. Le projet s'insère parfaitement dans le programme de législature de l'UDC placé sous le slogan «Liberté et sécurité» et dévoilé la semaine dernière.

Sanctions plus sévères

Pour l'UDC, il faut sanctionner plus durement les atteintes à l'intégrité physique ou la vie, les délits sexuels, les actes de violence en groupe ou les voies de fait contre les autorités et les fonctionnaires. Les auteurs ne devraient plus pouvoir échapper à la prison. Idem pour les délinquants qui s'en prennent aux fonctionnaires et aux policiers, sauf pour certaines insultes.

Le parti réclame aussi qu'une personne en ayant assassiné d'autres de manière bestiale ne puisse plus être remise en liberté au bout de 15 ans. La peine de prison maximale pour de tels actes devrait être portée à 60 ans, afin qu'un assassin comme Thomas N. qui avait fait quatre victimes à Rupperswil (AG) reste derrière les barreaux au moins 40 ans, a détaillé le conseiller national Pirmin Schwander (SZ).

La remise de peine dont peuvent bénéficier les récidivistes devrait quant à elle être supprimée. Les sanctions devraient en outre être durcies pour les cas de pornographie enfantine et de pédophilie.

Souplesse sur la route

L'UDC ne réclame une plus grande souplesse que pour les délits routiers. Tout le monde peut rouler trop vite sur l'autoroute par inadvertance. Or même si personne n'a été mis en danger, les juges n'ont aucune marge d'appréciation, a justifié la conseillère nationale Andrea Geissbühler (BE). Ils devraient pouvoir prononcer une peine pécuniaire contre un chauffard au lieu de le mettre en prison.

Le projet du Conseil fédéral serre déjà la vis pour toute une série de délits touchant à l'intégrité sexuelle, la vie et l'intégrité corporelle. La peine plancher pour les violeurs devrait être doublée à deux ans (et toujours dix ans maximum) et le viol d'un homme pouvoir être condamné comme tel. Les peines seront abaissées dans d'autres domaines comme les dénonciations calomnieuses.

Le gouvernement a eu du mal à finaliser une réforme déjà très contestée lors de la consultation qui remonte à 2010. Il a allégé sa copie. Plus question par exemple d'abroger l'article sur l'inceste ou de porter de trois à cinq ans de prison la peine maximale pour les homicides par négligence. Le Conseil fédéral ne veut corriger que les déséquilibres actuels.

(ats)

Votre opinion