11.04.2014 à 15:08

UkraineL'UE demande à la Russie de ne pas «politiser» le gaz

Bruxelles refuse la politisation de l'énergie et attend de ses fournisseurs le «respect de leurs engagements», a averti vendredi la Commission européenne en réponse à une lettre de mise en garde de Vladimir Poutine.

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Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

AFP
Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Keystone
A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

Keystone

Le président russe a menacé jeudi soir de fermer le robinet de gaz à l'Ukraine si sa dette envers la Russie n'est pas réglée.

«L'Union européenne est un bon client. Elle achète 70% des exportations russes d'énergie qui contribuent pour à peu près 50% des recettes du budget fédéral russe», a rappelé la porte-parole de l'exécutif bruxellois, Pia Ahrenkilde-Hansen.

«Nous attendons de nos fournisseurs qu'ils tiennent leurs engagements et il est dans l'intérêt de tous de ne pas utiliser l'énergie comme un outil politique», a-t-elle insisté. La porte-parole a rappelé la position exprimée la semaine dernière lors d'une réunion entre le secrétaire d'Etat américain John Kerry et la représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

Dans une lettre à 18 dirigeants européens, Vladimir Poutine a menacé de cesser de livrer du gaz à l'Ukraine si ce pays ne réglait pas sa dette, mettant ainsi en danger l'approvisionnement des Européens, comme en 2009.

Approvisionnement

Les achats de gaz à la Russie couvrent 25% des besoins des pays de l'Union européenne pour une facture totale de 35 milliards d'euros (43 milliards de francs) en 2013, soit 3 milliards par mois, selon la Commission.

Pour le moment «l'approvisionnement en gaz russe se fait tout à fait normalement», a précisé Sabine Berger, porte-parole du Commissaire européen à l'Energie Gunther Oettinger. «Les réserves de gaz stocké dans l'UE sont de 37 milliards de m3, soit la moitié des capacités, et les Etats membres ont commencé à se réapprovisionner», a-t-elle précisé.

Les treize pays de l'UE concernés par les menaces russes sont l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, l'Italie, la France, la Hongrie, la Grèce, la Pologne, la république tchèque, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie. Cinq autres pays non membres de l'UE sont concernés: la Bosnie-Herzégovine, l'ancienne République yougoslave de Macédoine, la Moldavie, la Serbie et la Turquie.

Stabiliser l'économie

L'Ukraine consomme 50 milliards de m3 de gaz par an. Elle en produit 20 milliards et achète les 30 milliards restant à la Russie. Mais, surtout, son réseau de gazoducs assure le transit de 65 des 133 milliards de m3 de gaz achetés par les pays de l'UE, selon les données de la Commission européenne pour 2013.

La Russie a préconisé de «mener sans délai des consultations au niveau des ministres de l'économie, des finances et de l'énergie pour mettre sur pied des mesures conjointes de stabilisation de l'économie de l'Ukraine et pour assurer les livraisons et le transit du gaz russe dans le strict respect des conditions contractuelles».

La demande sera discutée lundi à Luxembourg par les ministres des affaires étrangères de l'UE.

(ats/afp)

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