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EuropeL'UE relance le rapprochement avec la Bosnie

L'UE est prête à relancer un accord avec la Bosnie-Herzégovine qui n'a pas le statut de candidat à l'entrée dans l'UE.

Le 23 février dernier, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini était en visite à Sarajevo.

Le 23 février dernier, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini était en visite à Sarajevo.

Archive, Reuters

L'Union européenne (UE) a relancé le lundi 16 mars son rapprochement avec la Bosnie-Herzégovine. Les Vingt-Huit enjoignent Sarajevo de tenir ses promesses d'engager d'importantes réformes économiques. Le cheminement vers une adhésion au bloc européen est bloqué depuis des années.

Réunis à Bruxelles, les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE ont donné leur aval pour «aller de l'avant dans la conclusion et l'entrée en vigueur de l'Accord de stabilisation et d'association avec la Bosnie-Herzégovine». Cet accord, signé en 2008, n'a jamais permis à la Bosnie d'avancer vers l'adhésion à l'UE.

Le processus est au point mort en raison d'incessantes querelles politiciennes entre les représentants politiques des trois principales communautés (serbe, croate et musulmane). Divisé depuis la guerre inter-communautaire (1992-1995), le pays n'a même pas le statut de candidat à l'entrée dans l'UE.

«Des progrès significatifs dans la mise en œuvre du programme de réformes», y compris en matière de croissance et d'emplois, seront nécessaires «pour qu'une demande d'adhésion puisse être prise en considération par l'Union européenne», préviennent les ministres.

«Signal clair»

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini s'est rendue à deux reprises à Sarajevo depuis décembre. Sa dernière visite, le 23 février, coïncidait avec l'adoption par le parlement bosnien d'une déclaration prévoyant des réformes économiques et sociales.

«J'ai constaté une vraie volonté des citoyens, des dirigeants et du parlement de poursuivre les réformes», a déclaré Federica Mogherini à son arrivée à la réunion de ministres. «Les institutions de l'UE sont prêtes à rendre la pareille», a-t-elle ajouté. La responsable a décrit la décision prise lundi comme «un signal clair de l'engagement de l'UE et de la Bosnie d'avancer main dans la main».

L'économie d'abord

Il s'agit notamment de renoncer, pour le moment, à de difficiles révisions constitutionnelles, sur lesquelles les trois communautés ne parviennent pas à s'entendre. L'UE veut au contraire se concentrer sur des réformes pour relancer l'économie et créer des emplois, alors que le taux de chômage est supérieur à 40%.

Ce nouvel engagement de Bruxelles à l'égard de la Bosnie a été initié en 2014 par l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Londres et Berlin ont souligné en janvier qu'il s'agissait d'une «occasion [...] à ne pas rater».

(ats)

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