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ExtrémismeL'UE veut combattre l'impunité juridique d'internet

Internet joue un rôle important dans la propagation des idées extrémistes. L'UE entend pousser tous les continents à agir pour éliminer l'impunité juridique dont profite la Toile.

Le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls a estimé qu'il «fallait couper le mal à la racine» lors d'une conférence internationale à Bruxelles.

Le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls a estimé qu'il «fallait couper le mal à la racine» lors d'une conférence internationale à Bruxelles.

AFP

La lutte engagée par l'UE contre la montée de l'extrémisme violent impose de «convaincre» tous les continents à agir pour éliminer l'impunité juridique dont profite l'internet, a averti mardi le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls lors d'une conférence internationale à Bruxelles.

Tous les intervenants ont insisté sur le rôle joué par l'internet dans la propagation des idées extrémistes, la formation, la mise en relation qui ont précédé le passage à l'acte.Une Britannique a ainsi expliqué comment l'internet avait été« une source d'information et un point de chute» pour son fils, converti à l'islam, arrêté en 2009 pour avoir planifié un attentat contre un centre commercial à Bristol. «L'idéologie terroriste s'infiltre partout sur la toile avec des sites faciles à trouver», a-t-elle déploré.

«Nous faisons face à une menace lourde avec la radicalisation d'individus déterminés à nuire», a insisté Manuel Valls. La France, comme la plupart des pays de l'Union européenne, est confrontée aux menaces de la radicalisation de l'ultra gauche et de l'ultra droite, mais «la menace plus actuelle est celle du jihadisme global», a-t-il précisé.«Il faut couper le mal à la racine», a-t-il affirmé.

«Plusieurs prédicateurs radicaux étrangers vont être expulsés dans les prochains jours», a-t-il annoncé.Manuel Valls s'est par ailleurs déclaré «préoccupé par ce qui se passe en ce moment en Syrie», car de nombreux jeunes Français sont partis s'engager dans ce pays où ils vont recevoir une formation au combat.Mais il faut également agir sur l'internet, «devenu un vecteur pour la propagation de messages et d'appels», a-t-il insisté.

Un lieu privilégié

«L'internet ne peut plus être ce lieu privilégié pour l'échange d'informations, de formation et de techniques», a-t-il soutenu. «L'action doit impliquer les hébergeurs et les fournisseurs d'accès», a-t-il expliqué.«La France a ainsi contraint la plateforme de microblogging Twitter à communiquer les données permettant d'identifier les auteurs de propos racistes et antisémites», a-t-il souligné.

«Mais la segmentation des régimes juridiques dont se joue internet procure une certaine impunité», a-t-il déploré.«Nous pouvons légiférer au plan national, voire européen, mais les connections ne tiennent pas compte des frontières», a-t-il expliqué.

Twitter est basé aux Etats-Unis et bénéficie de l'abri du premier amendement qui protège la liberté d'expression.«L'Europe doit s'imposer et convaincre les Etats-Unis qu'il faut concilier liberté d'expression et sécurité», a-t-il plaidé.

(AFP)

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