Actualisé 26.04.2015 à 23:04

AnniversaireL'Ukraine commémore la catastrophe nucléaire de Tchernobyl

L'Ukraine a marqué dimanche le 29e anniversaire de la pire catastrophe du nucléaire civil, survenue à la centrale de Tchernobyl. La construction d'une nouvelle chape pour recouvrir le réacteur accidenté a été retardée.

Des centaines de personnes ont déposé des fleurs et des bougies allumées au pied du monument aux victimes de Tchernobyl à Slavoutitch. (Dimanche 26 avril 2015)

Des centaines de personnes ont déposé des fleurs et des bougies allumées au pied du monument aux victimes de Tchernobyl à Slavoutitch. (Dimanche 26 avril 2015)

AFP

Vers 01h23 du matin, heure précise de l'explosion, des centaines de personnes ont déposé des fleurs et des bougies allumées au pied du monument aux victimes de Tchernobyl à Slavoutitch. Il se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la centrale qui a été construite après la catastrophe pour loger des employés du site.

Le président Petro Porochenko s'est rendu dimanche dans la journée à Tchernobyl pour rendre hommage aux victimes de la catastrophe. Il y a aussi examiné les travaux sur la nouvelle chape d'acier près du réacteur n°4, qui explosa le 26 avril 1986, contaminant une grande partie de l'Europe mais surtout l'Ukraine, le Bélarus et la Russie.

Grâce aux fonds débloqués par la communauté internationale, «nous espérons» achever la construction de cette nouvelle chape afin de «protéger pour toujours» le monde contre les radiations de Tchernobyl, a-t-il déclaré dans une adresse à la Nation.

Construction d'un «sarcophage»

Une centaine de milliers de personnes ont été évacuées de la zone dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale, qui reste toujours interdite. Et le bilan sanitaire de Tchernobyl fait toujours débat.

Le comité scientifique des Nations unies sur les effets des rayonnements ne reconnaît officiellement que 31 morts d'opérateurs et de pompiers directement liés à la catastrophe. L'ONG Greenpeace parle elle d'au moins 100'000 morts imputables à la contamination radioactive, essentiellement parmi les «liquidateurs».

Il s'agit de ces centaines de milliers de personnes dépêchées par les autorités soviétiques sans véritable protection sur les lieux de l'accident pour éteindre l'incendie, nettoyer la zone contaminée et construire à la va-vite une chape de béton baptisée «sarcophage» afin d'isoler le réacteur touché.

Si les travaux de renforcement ont permis d'éliminer le risque de son écroulement, cette structure est fissurée et doit être recouverte d'une gigantesque chape d'acier de plus de 20'000 tonnes. Sa construction, estimée au total à plus de 2 milliards d'euros, est financée par des donations internationales gérées par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

3500 antinucléaires à Fessenheim

Environ 3500 antinucléaires, selon la gendarmerie et les organisateurs, notamment des ressortissants allemands, ont manifesté dimanche devant la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). Ils ont réclamé sa fermeture immédiate et commémoré le 29e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

Organisé par de nombreuses associations antinucléaires allemandes, françaises et suisses, le rassemblement a été ponctué de concerts et de prises de parole de parlementaires écologistes des trois pays, avec le député EELV Denis Baupin côté français.

La manifestation se voulait aussi un message à François Hollande. «François Hollande a fait une promesse aux Français, celle de fermer Fessenheim», a dit André Hatz, porte-parole de l'association Stop Fessenheim.

Plus vieille centrale en activité du parc nucléaire français, Fessenheim a récemment connu une série de déboires entre fin février et début mars, conduisant à l'arrêt non programmé de l'un de ses deux réacteurs.

(ats)

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