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Fonds routierL'USAM s'oppose à une hausse du prix de l'essence

L'Union suisse des arts et métiers (USAM) monte au front pour réclamer des solutions aux embouteillages sur les routes nationales. Elle est favorable au fonds routier, mais sans augmentation du prix de l'essence.

ARCHIVES, Keystone

L'organisation soutient dans ce sens l'idée d'ancrer dans la Constitution un fonds de financement de l'infrastructure routière, préconisée par le Conseil fédéral. Elle rejette en revanche toute hausse du prix de l'essence.

Une augmentation de 12 à 15 centimes par litres de la surtaxe sur les huiles minérales est en effet prévue par le gouvernement dans le cadre de son projet de fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA), mis en consultation fin février. Une perspective à laquelle l'USAM s'oppose fermement, annonce-t-elle jeudi lors d'une conférence de presse à Berne.

Selon elle, la hausse de la surtaxe représenterait un coût moyen de 136 francs par an pour les automobilistes, sans que ceux-ci puissent en retirer un réel avantage. La faîtière des PME demande en conséquence que l'intégralité de la surtaxe sur les huiles minérales déjà en vigueur soit attribuée au réseau routier.

L'organisation souhaite avant tout que le financement du réseau routier soit suffisamment doté, et si possible sans toucher au porte-monnaie des automobilistes. A ce sujet, différentes options sont pour l'instant envisagées par le Conseil fédéral dans son projet, y compris l'attribution de toutes les recettes de l'impôt sur les véhicules (400 millions de francs par année) au nouveau fonds routier.

«Vache à lait», une solution?

Urs Wernli, présent en sa qualité de président de l'Union professionnelle suisse de l'automobile, estime pour sa part que l'infrastructure routière peut être assurée par l'initiative dite «vache à lait». L'initiative «pour un financement équitable des transports» veut affecter l'entier du produit de l'impôt sur les huiles minérales (3 milliards de francs en 2012) à la route.

Ce n'est pas une solution durable, avait cependant critiqué en février dernier la conseillère fédérale Doris Leuthard. Selon elle, cela ne fera que créer des problèmes de financement ailleurs alors que les routes reçoivent déjà la majeure partie des recettes qu'elles génèrent.

Actuellement, 50% de l'impôt de base sur les huiles minérales reviennent à la circulation routière et 50% passent dans la caisse générale de la Confédération. Une partie des moyens revient cependant par l'un ou l'autre de ces flux au rail. L'usam veut en finir avec cette situation.

Eliminer les goulets

Elle estime en effet que le fonds routier, après le fonds d'infrastructure ferroviaire FAIF, accepté par le peuple en février, est la deuxième étape en vue de désenchevêtrer les flux de financement entre le rail et la route. Il permettra aussi d'accélérer la mise en oeuvre de solutions aux embouteillages sur les routes nationales et dans les agglomérations, provoqués par de trop nombreux goulets d'étranglement.

Car le nombre d'heures passées dans les embouteillages a encore augmenté, fait valoir Adrian Wyss, directeur de la Swiss Retail Federation, l'association des commerces de détail, également présent à la conférence de presse. Une situation qui fait perdre du temps et qui coûte cher aux entreprises de détail.

En 2013, les automobilistes ont ainsi perdu près de 21'000 heures dans les bouchons en Suisse, une hausse de 3,4% (contre 4% en 2012), selon les chiffres présentés récemment par l'Office fédéral des routes.

Augmenter le crédit

A l'avenir, tous les travaux d'extension du réseau des routes nationales, y compris l'élimination des goulets, devraient être regroupés dans le programme de développement stratégique des routes nationales (PRODES).

L'usam soutient le principe du PRODES. Mais estime qu'à l'instar du FAIF, «le crédit destiné à l'extension, au développement et à l'entretien des routes doit être augmenté», affirme encore M. Bigler.

Son enveloppe à l'horizon 2030 se monte à 6,6 milliards de francs. Comme pour le rail, le Parlement devrait se prononcer tous les quatre ans sur les travaux à soutenir.

(ats)

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