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RémunérationL'USS réclame des hausses salariales de 1,5 à 2%

L'Union syndicale suisse (USS) réclame des hausses de salaires en montants fixes afin de rattraper le retard pris par rapport aux hauts revenus.

Paul Rechsteiner, président de l'USS devant des journalistes réunis lundi à Berne.

Paul Rechsteiner, président de l'USS devant des journalistes réunis lundi à Berne.

Keystone

L'Union syndicale suisse (USS) demande des hausses des salaires réels de 1,5 à 2% pour 2014, soit presque la même fourchette que Travail.Suisse ( 1 à 2%). Elle réclame notamment de relever de 100 francs les salaires minimums et que les rémunérations des femmes soient augmentées plus que la moyenne.

«D'importants secteurs de l'économie suisse vont bien, voire très bien», a déclaré Paul Rechsteiner, président de l'USS devant des journalistes réunis lundi à Berne. Cela doit entraîner «des hausses substantielles, qui laissent des traces visibles dans le porte-monnaie», a-t-il ajouté.

De plus, la productivité du travail a augmenté ces derniers temps d'au moins 1% par année. Si la répartition entre capital et travail reste inchangée, les salaires réels doivent être augmentés annuellement d'au moins 1%», a expliqué Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l'USS.

Selon Daniel Lampart, il pourra être question à nouveau cette année de compensation du renchérissement. L'inflation négative depuis fin 2011 a plutôt profité aux ménages à revenus supérieurs qui consomment plus de produits à forts rabais, comme les voitures par exemple, a ajouté l'économiste en chef.

Interrogé sur les résultats des revendications salariales des dernières années, Paul Rechsteiner a reconnu que les hausses n'avaient pas été aussi substantielles que souhaitées mais qu'en moyenne, les employés avaient obtenu une amélioration de 1 à 1,5% de leurs salaires réels.

Besoin de rattrapage

Pour 2014, les bas et moyens revenus ont besoin de se rattraper. «Le bilan de ces dix dernières années en matière de salaire montre que les hauts et les très hauts revenus ont augmenté dans une mesure disproportionnée», a précisé Paul Rechsteiner.

Les professionnels titulaires d'un CFC ont «été les principaux perdants», a ajouté Daniel Lampart. Après déduction du renchérissement, ils gagnaient à la fin de la décennie même moins qu'en 2002 (salaire médian: -0,5%).

La meilleure recette, pour rattraper le retard pris, ce sont les hausses de salaires en montants fixes, a ajouté Paul Rechsteiner. La faîtière des syndicats demande un relèvement de 100 francs des salaires minimums.

Un effort doit être également porté pour améliorer les salaires féminins pour lesquels une hausse ciblée doit être envisagée. Les femmes gagnent pour un même travail en moyenne 677 francs de moins que les hommes par mois. «Cette discrimination choquante doit être corrigée», a déclaré Vania Alleva, coprésidente du syndicat Unia.

Par secteur, Unia demande une hausse générale de 80 francs dans la construction, ce qui correspond, pour les salaires moyens, à une progression de 1,5% réelle. Pour les industries MEM et alimentaire, le syndicat réclame une progression générale de 100 francs et, dans la chimie et la pharma, de 150 francs.

Coop: 80 francs demandés

Dans le commerce de détail, Unia demande à Coop, premier distributeur à lancer la ronde de négociations, une augmentation générale d'au moins 80 francs. Des revendications analogues sont présentées aussi pour les autres détaillants.

Dans les télécommunications et la logistique, syndicom, syndicat des médias et de la communication, réclame une hausse de 2% des salaires chez Swisscom et de 1,5 à 2% à La Poste, «vu les bénéfices confortables» enregistrés.

Dans les arts graphiques et les médias, le syndicat demande des augmentations de 100 francs au moins. «De bons résultats annuels sont attendus», malgré le recul des annonces publicitaires dans les médias imprimés, a rappelé Alain Carrupt, coprésident de syndicom.

Au niveau des chemins de fer, dont le système salarial est régi par une convention collective de travail, une part des augmentations sera réservée aux adaptations prévues, notamment les passages aux échelons supérieurs. Le Syndicat du personnel des transports (SEV) demande qu'une partie de la hausse prenne la forme de temps libre (jours de congé).

Dans les entreprises de chemin de fer, sans réglementation contractuelle, le SEV exige une augmentation générale de 100 francs par mois.

(ats)

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