Coronavirus: Le Conseil fédéral fait presque l'unanimité
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CoronavirusLe Conseil fédéral fait presque l'unanimité

Le Conseil fédéral a reçu le soutien des patrons qui souhaitaient toutefois une reprise plus rapide de l'économie. Les syndicats se disent également satisfaits.

Photo d'illustration.

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Les organisations patronales se félicitent de l'intention du Conseil fédéral de revenir progressivement à la normale, mais regrettent qu'il n'aille pas plus vite. En étendant le filet de sécurité aux indépendants et en améliorant la protection des salariés vulnérables, le Conseil fédéral répond aussi aux attentes des syndicats.

Différents secteurs comme le commerce de détail ont montré comment ils peuvent rouvrir tout en respectant les nouvelles règles sanitaires, liées au coronavirus. Dans un tel contexte, la décision prise jeudi par le Conseil fédéral est une gifle pour les détaillants, estime l'usam.

La faîtière des PME se félicite en revanche de la solution proposée pour les indépendants tels que les prothésistes dentaires, les graphistes, etc. Ceux-ci sont indirectement touchés, mais leur existence est affectée de manière importante par les conséquences de l'épidémie.

Economiesuisse: trop timide

De son côté, economiesuisse considère aussi la décision du Conseil fédéral comme un signal positif pour l’économie et la société. Si le gouvernement a largement accepté les propositions de l’économie pour sortir de la crise, les entreprises estiment cependant que son plan de retour à la normale est trop timide.

«Nous regrettons que cette sortie de crise esquissée par le Conseil fédéral prenne autant de temps», explique Monika Rühl, présidente du directoire. Pour economiesuisse, il est incompréhensible que le Conseil fédéral soit si hésitant en rouvrant le commerce de détail seulement à partir du 11 mai.

GastroSuisse «très déçu»

GastroSuisse ne comprend pas que le Conseil fédéral ne donne aucune perspective au secteur de la restauration. «Nous avons toujours souligné qu'il appartenait au Conseil fédéral de déterminer le moment de la réouverture», déclare le président de GastroSuisse, Casimir Platzer. «Mais en ne disant rien, il nous laisse complètement dans le noir et sans perspective», critique-t-il.

«À notre avis, il serait réaliste d'accueillir des clients tout en respectant des mesures de protection strictes», a poursuivi le président de GastroSuisse.

Les paysans mitigés

L'Union suisse des paysans réagit de manière mitigée à l'annonce de Berne. Elle salue le fait que les indépendants qui n'étaient touchés qu'indirectement par la crise aient également droit à des indemnités pour perte de gain. Ainsi les exploitations agricoles qui ne devaient pas impérativement fermer mais qui ont été affectées par la fermeture des établissements gastronomiques pourront aussi obtenir ce soutien financier.

Si l'Union suisse des paysans se réjouit aussi du fait que la vente de plantes soit à nouveau possible dès le 27 avril, elle ne comprend pas pourquoi la réouverture hebdomadaire des marchés doit attendre jusqu'au 11 mai. Il s'agit de vente de nourriture, qui se fait à l'extérieur et pour lesquels les mesures d'hygiène peuvent être respectées sans problème, argue l'USP.

USS: progrès pour les salariés vulnérables

Les syndicats se réjouissent aussi de l'amélioration de la situation pour les indépendants et d'une meilleure protection des salariés à risques. Avec cette nouvelle protection des indépendants, le filet de sécurité sociale touche de plus en plus de personnes et les protège dans leurs besoins existentiels, se réjouissent l'USS, Syndicom et six autres associations professionnelles, actives dans les médias et l'industrie créative.

L'USS reçoit également positivement les clarifications apportées à la situation des employés à risques. «Ils ont le droit de ne faire que du télétravail, relève-t-elle. Ils ne peuvent retourner travailler dans l'entreprise que sur une base volontaire». L'employeur est également tenu d'adapter le travail aux conditions de santé.

Mercredi, l'USS expliquait sa vision:

Maintenir le pouvoir d'achat

«La meilleure stratégie de sortie consiste à maintenir le pouvoir d'achat», poursuit l'USS. Les employés avec de faibles salaires doivent recevoir une compensation salariale de 100 % en cas de chômage partiel. Les entreprises recourant à l'aide de la Confédération ne doivent en outre pas pouvoir licencier leurs employés.

(ats)

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