Coronavirus - La 2e année de pandémie pourrait être «plus mortelle que la première»
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CoronavirusLa 2e année de pandémie pourrait être «plus mortelle que la première»

Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, se veut alarmiste. Il estime que «au train où vont les choses, la deuxième année de la pandémie sera pire que la première».

Tedros Adhanom Ghebreyesus

Tedros Adhanom Ghebreyesus

AFP

La pandémie est en passe de faire plus de morts cette année qu’en 2020, a prévenu vendredi l’OMS au moment où l’espoir d’une vie plus normale s’esquisse dans plusieurs pays, au prix toutefois de vifs débats aux États-Unis sur la levée de la recommandation du port du masque pour les vaccinés.

D’autres nations, dont l’Inde, restent en revanche aux prises avec une flambée épidémique dévastatrice. Le Covid-19 a fait au moins 3,3 millions de morts dans le monde depuis fin décembre 2019 tandis que l’apparition de variants et la progression inégale des campagnes de vaccination continuent d’inquiéter.

Selon le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, «au train où vont les choses, la deuxième année de la pandémie sera «beaucoup plus mortelle que la première». Il a en outre appelé à renoncer à vacciner les enfants et les adolescents contre le coronavirus et à faire don des doses ainsi libérées au système Covax pour les redistribuer aux nations défavorisées.

Dans ce contexte, la star du tennis Roger Federer a déclaré que les athlètes avaient «besoin d’une décision» ferme sur le maintien des Jeux olympiques de Tokyo, ajoutant qu’il comprendrait tout à fait si l’événement, déjà reporté d’un an, était finalement annulé. «On n’entend pas grand-chose. Cela me fait penser que les Jeux auront lieu, même si j’ai entendu que beaucoup de gens à Tokyo sont contre les Jeux», a-t-il dit à la chaîne de télévision suisse Léman Bleu.

Le Japon a à cet égard étendu l’état d’urgence, qui concernait déjà six départements dont celui de sa capitale, à trois départements supplémentaires face à la recrudescence des cas de coronavirus, à dix semaines seulement de l’ouverture des JO.

Bas les masques

Aux États-Unis, dans la foulée de l’annonce par les autorités de la levée de la recommandation du port du masque pour les personnes entièrement vaccinées (environ 35% de la population), plusieurs enseignes de la distribution, comme le géant Walmart ou les supermarchés à bas prix Costco, ont annoncé vendredi renoncer dans leurs magasins au masque obligatoire, qui reste toutefois de rigueur lorsque la législation locale l’impose.

Mais les nouvelles directives des autorités sanitaires, non contraignantes, ont pris par surprise les responsables locaux, les experts et les entreprises, provoquant vendredi de vifs débats et une certaine confusion dans le pays, des altercations ayant même éclaté au Congrès.

«Avant, les masques étaient importants et d’un coup ils ne le sont plus», s’est étonné à New York Ivan Matta, 47 ans, employé dans une entreprise de tourisme. «Ma crainte c’est, comment vous allez vérifier que les gens sont complètement vaccinés ou pas? Je crois qu’il y a beaucoup de gens qui ne vont plus utiliser le masque même s’ils ne sont pas vaccinés».

«Merveilleux de pouvoir sortir»

En parallèle, forts de résultats jugés encourageants par leurs gouvernements, plusieurs pays, notamment en Europe, rouvrent leurs économies affaiblies. Illustration, la Grèce a levé vendredi toutes les restrictions à la circulation après sept mois de confinement pour inaugurer une saison touristique très attendue. Seule condition désormais pour y voyager: être vacciné ou présenter un test Covid négatif.

«Les restaurants sont ouverts, on peut aller à la plage, on peut profiter du beau temps, on peut faire un peu de shopping, c’est merveilleux de pouvoir sortir à nouveau», s’exclame en Crète une touriste allemande de 28 ans, Caroline Falk.

En Pologne, les cafés et les restaurants pourront servir les clients sur les terrasses à partir de samedi.

L’Italie a de son côté annoncé qu’elle levait à partir de dimanche la mini-quarantaine de cinq jours pour les touristes européens, cependant qu’au Portugal, des centaines de vacanciers britanniques sont attendus dès lundi pour profiter de la levée des restrictions sur les voyages accordée par Lisbonne à son premier marché touristique.

Variant indien au Royaume-Uni

L’Angleterre se prépare, elle aussi, à franchir une étape majeure, avec la réouverture lundi des musées, hôtels et stades, grâce à un net recul du nombre des cas de Covid, après un long confinement et des vaccinations effectuées tambour battant.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a toutefois prévenu vendredi que le variant indien risquait d’y perturber la poursuite du déconfinement s’il continuait à s’y propager, après une poussée préoccupante à certains endroits, notamment dans le nord-ouest et à Londres.

La France a pour sa part annoncé que les voyageurs de quatre nouveaux pays (Colombie, Bahreïn, Costa Rica, Uruguay), sur une liste qui en comptait douze, seraient soumis à une quarantaine de dix jours à partir de dimanche.

«On laisse les gens mourir»

En Inde, en proie à une flambée épidémique dévastatrice, nombre d’États sont aux prises avec des pénuries de vaccins, limitant les créneaux disponibles pour les 600 millions d’adultes de 18-44 ans qui peuvent désormais se faire vacciner.

La vaccination avec le Spoutnik V russe a néanmoins débuté vendredi dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants. Les premières injections ont eu lieu à Hyderabad (centre), après une approbation d’urgence de l’utilisation de ce vaccin par New Delhi le 12 avril.

Après avoir plongé dans le chaos les grandes métropoles indiennes, à court de médicaments, de réserves d’oxygène et de lits pour les malades, le virus poursuit ses ravages dans les campagnes privées d’infrastructures.

Les morts sont enterrés ou parfois abandonnés dans les rivières, tandis que les malades tentent de se soigner avec des décoctions de plantes. Ces derniers jours plus de 100 cadavres ont échoué sur les rives du Gange, laissant craindre une situation tout aussi désastreuse ailleurs. «On laisse les gens mourir», dit Kidwai Ahmad, joint par l’AFP dans son village de Sadullahpur, dans l’Etat de l’Uttar Pradesh (nord). «C’est l’Inde que l’on cache à tout le monde».

(AFP)

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