Post Brexit: La Banque d'Angleterre abaisse son taux directeur
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Post BrexitLa Banque d'Angleterre abaisse son taux directeur

La BoE prévoit une «croissance nettement plus faible» maintenant que le pays se dirige vers la sortie de l'UE.

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Le président du Conseil européen Donald Tusk s'exprime lors de son arrivée au Sommet Européen spécialement dédié au Brexit à Bruxelles. (Samedi 29 avril 2017)

Le président du Conseil européen Donald Tusk s'exprime lors de son arrivée au Sommet Européen spécialement dédié au Brexit à Bruxelles. (Samedi 29 avril 2017)

Keystone
Nicola Sturgeon rédige une lettre à la Première ministre britannique dans laquelle elle souligne que «le peuple écossais doit avoir le droit de choisir son propre avenir». (Jeudi 30 mars 2017)

Nicola Sturgeon rédige une lettre à la Première ministre britannique dans laquelle elle souligne que «le peuple écossais doit avoir le droit de choisir son propre avenir». (Jeudi 30 mars 2017)

AFP
Donald Tusk a expliqué que la «relation future» avec le Royaume-Uni ne se fera uniquement quand des «progrès suffisants» auront été faits sur l'accord réglant le divorce. (31 mars 2017)

Donald Tusk a expliqué que la «relation future» avec le Royaume-Uni ne se fera uniquement quand des «progrès suffisants» auront été faits sur l'accord réglant le divorce. (31 mars 2017)

AFP

La Banque d'Angleterre (BoE) a abaissé jeudi son taux directeur pour la première fois depuis 2009. Elle a aussi relancé son programme de rachat d'obligations pour faire face aux effets sur l'économie du vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne.

L'institut d'émission se tient prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la stabilité financière et n'exclut pas de baisser encore les taux. Mais il écarte l'idée de les faire passer en territoire négatif, a déclaré son gouverneur, Mark Carney.

La BoE, qui a baissé son taux directeur d'un quart de point, le ramenant à 0,25%, son plus bas niveau historique, anticipe une stagnation de l'économie britannique pour le reste de l'année et s'attend à une croissance faible tout au long de l'an prochain.

Surprise

Si la baisse des taux, votée à l'unanimité par les neuf membres du conseil de politique de la BoE, était attendue par les économistes, la décision d'augmenter de 60 milliards de livres (76,2 milliards de francs) le programme d'assouplissement quantitatif, ainsi porté à 435 milliards de livres, l'était moins.

L'élargissement de ce programme de rachat d'obligations, qui a été voté par six voix contre trois, durera six mois.

Deux nouveaux programmes

La banque centrale également lancé deux nouveaux programmes, dont l'un pour le rachat de 10 milliards de livres d'obligations d'entreprises de bonne qualité et l'autre - dont le montant pourrait atteindre 100 milliards de livres - pour s'assurer que les banques continuent à prêter malgré la baisse des taux.

Dans la foulée de ses annonces, la livre a reculé de plus de 1% face au dollar tandis que le rendement des obligations souveraines britanniques à 10 ans tombait à un nouveau plus bas record de 0,678%. La Bourse de Londres, qui était à la traîne des autres places européennes toute la matinée, gagnait pour sa part 1,5% vers 15h20.

Faibles prévisions

La plupart des membres du comité de politique monétaire s'attendent à une nouvelle baisse des taux d'intérêt cette année, à un niveau «proche de mais légèrement supérieur à zéro», si les faibles prévisions économiques se confirment.

«Après le vote du Royaume-Uni pour une sortie de l'Union européenne, le taux de change a baissé et les perspectives de croissance à court et moyen termes se sont sensiblement affaiblies», dit la BoE dans son rapport sur l'inflation.

Les effets du Brexit

La BoE a décidé d'agir car le vote en faveur d'un Brexit a sensiblement modifié les perspectives économiques, a confirmé Mark Carney.

«La banque continue de se tenir prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour atteindre ses objectifs de stabilité monétaire et financière tandis que le Royaume-Uni s'adapte aux nouvelles réalités et va de l'avant pour saisir les nouvelles opportunités», a-t-il dit.

Le gouverneur de la BoE a averti toutefois que la politique monétaire ne pourrait à elle seule amortir complètement le choc provoqué par le résultat du référendum du 23 juin. Plusieurs observateurs ont dit craindre les effets inflationnistes des mesures annoncées jeudi.

«Le nouvel assouplissement (...) pourrait s'avérer problématique pour l'économie britannique», a ainsi estimé Daniel Mahoney, économiste spécialisé dans la politique monétaire. «L'affaiblissement de la livre signifie que les pressions inflationnistes augmentent déjà, et la décision d'aujourd'hui va les exacerber».

Malgré plusieurs indicateurs suggérant que l'économie britannique ralentit fortement et pourrait même entrer en récession, il est trop tôt pour avoir des données officielles sur l'impact du référendum sur le produit intérieur brut (PIB) du pays.

Croissance 2017 revue à la baisse

La BoE a maintenu jeudi son estimation de croissance pour cette année à 2% après un chiffre meilleur que prévu au premier semestre mais a revu en forte baisse sa prévision pour 2017, à 0,8% contre 2,3% précédemment.

La banque centrale a parallèlement revu en hausse sa prévision d'inflation en raison de la baisse de la livre sterling. Elle prédit désormais que la hausse des prix atteindra 2,4% en 2018.

La livre s'affaiblit face au franc

Après la baisse du taux jeudi par la Banque d'Angleterre (BoE), la livre s'est nettement affaiblie par rapport au franc. Immédiatement après la publication du taux réduit à 0,25%, la monnaie anglaise s'affichait à 1,2777 franc, contre 1,2991 franc avant l'annonce.

(ats)

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