Suisse: La Banque Migros a poursuivi sa croissance l'an passé
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SuisseLa Banque Migros a poursuivi sa croissance l'an passé

Malgré un environnement de taux défavorable et des revenus en baisse, l'établissement financier s'en est bien sorti en 2015.

ARCHIVES - PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

L'établissement contrôlé par le premier détaillant helvétique a dégagé un bénéfice net de 226,3 millions de francs, 0,5% de plus qu'en 2014.

Les revenus ont cependant dans leur ensemble fléchi de 2,7% au regard de l'exercice précédent à 593,5 millions de francs, a révélé mardi la Banque Migros. Le repli reflète l'introduction dès décembre 2014 par la Banque nationale suisse (BNS) de taux d'intérêt négatifs sur les avoirs en comptes de virement détenus par les banques auprès de l'institut d'émission.

Dans ce contexte, les frais de couverture du bilan destinés à se prémunir contre une éventuelle hausse des taux ont sensiblement augmenté, pesant sur le résultat des opérations d'intérêts, la principale source de revenus de l'établissement du géant orange, a expliqué à Zurich son directeur général, Harald Nedwed. Ce dernier a estimé le coût de la couverture à un montant conséquent, à deux chiffres en millions.

Le produit des opérations porteuses d'intérêts s'est ainsi contracté de 5% à 460,1 millions de francs. Alors que l'établissement n'a pas introduit de taux négatifs sur les dépôts des clients, et n'entend pas le faire à l'avenir, on peut dire qu'au final les preneurs d'hypothèques ont financé les épargnants, a ajouté M. Nedwed.

Charges réduites

Malgré les décisions de la BNS, les taux appliqués aux crédits hypothécaires n'ont eux pas baissé. Cela s'explique par le fait que les banques ont chargé les preneurs d'hypothèques pour assurer les frais de couverture contre de nouvelles modifications des taux. De peur de voir les clients retirer leurs billes, pratiquement tous les instituts ont renoncé aux rémunérations négatives, a noté M. Nedwed.

La banque a en revanche enregistré des évolutions nettement plus favorables du côté des revenus issus des commissions ainsi que ceux provenant du négoce. Alors que les premiers augmentaient de 6,3% à 87,8 millions de francs, les seconds ont bondi de 9,2% à 38,9 millions. Des progressions que l'institut attribue à une activité accrue des clients en matière de transactions après l'abandon le 15 janvier 2015 du taux plancher liant franc et euro.

Sur l'exercice sous revue, la Banque Migros est une nouvelle fois parvenue à réduire ses coûts, les charges d'exploitation se tassant de 3,4%, soit plus fortement que les revenus, à 275,7 millions. A la faveur de cette gestion rigoureuse des dépenses, l'institut a dégagé un résultat d'exploitation de 287,7 millions, en légère hausse de 0,5%.

Côté bilan, dont le total s'est accru de 3,6% à 42,23 milliards de francs à l'issue de l'année, les créances hypothécaires ont augmenté de 3,1% à 33,6 milliards. Il n'en reste pas moins que la banque indique avoir maintenu sa politique empreinte de prudence en matière d'octroi de crédits.

Nouvelle succursale à Genève

A fin décembre 2015, le portefeuille hypothécaire pour les immeubles d'habitation était constitué de près de 97% d'emprunts de premier rang, avec un taux d'avance pouvant atteindre jusqu'à 67%. Leur montant moyen se chiffrait à 328'000 francs pour les propriétés par étage et 432'000 francs pour les maisons individuelles.

A l'issue de l'exercice sous revue, la Banque Migros employait 1334 collaborateurs à plein temps, soit 17 de plus qu'un an auparavant. Son réseau comptait lui 66 succursales, un chiffre stable par rapport à 2014. Alors que l'établissement a ouvert 20 nouveaux sites depuis 2008, il inaugurera jeudi de nouveaux bureaux à Meyrin-Vernier (GE).

Evoquant l'année en cours, M. Nedwed s'attend à un environnement commercial toujours exigeant, compte tenu de la persistance de taux d'intérêt négatifs. En l'absence de nouvelles baisses de ces derniers, les revenus des opérations d'intérêt ne devraient pas enregistrer un nouveau repli.

En dépit d'un contexte difficile, la Banque Migros s'estime bien placée à la faveur d'une solide dotation en fonds propres. A fin 2015, le taux de capitaux propres atteignait 16,6%, un niveau nettement supérieur au minimum de 12% requis dès la fin 2016, a dit M. Nedwed.

(ats)

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