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DrameLa barrière cède, un cadre se tue

Un responsable du siège de la section assurance-vie de la Mobilière, à Nyon, a chuté de quatre étages après la rupture d'une rambarde. L'homme était aussi municipal à Chavannes-de-Bogis.

par
Benjamin Pillard
Des analyses sont en cours pour établir quel élément de la balustrade a permis la chute de la paroi métallique.

Des analyses sont en cours pour établir quel élément de la balustrade a permis la chute de la paroi métallique.

Christian Bonzon

Un arrangement floral et des lys recouvrent le sol devant le siège suisse de la Mobilière Vie, à Nyon (VD). La balustrade du drame était déjà remplacée, hier en fin de matinée. La veille peu après 16 h, Stefan*, un cadre de l'entreprise d'assurance-vie, a basculé d'un balcon du quatrième étage suite à la rupture d'une barrière métallique. Une chute de plus de 10 mètres de haut.

«C'était mon collègue de service, c'est affligeant», soupire un collaborateur de l'entreprise, en quittant les lieux d'un pas pressé, à l'instar de l'ensemble des 380 employés encore sous le choc. La nouvelle avait été communiquée par e-mail la veille à l'ensemble du groupe. «Nous ne comprenons pas ce qu'il s'est passé, c'est dramatique!» nous confie Claudia Freire, du service de communication, au sortir d'une séance de crise.

Hier à 9 h 30, une cérémonie de recueillement s'est déroulée dans une salle de réunion en présence de l'ensemble des collaborateurs du site, lesquels ont ensuite parcouru les quelque 100 m qui séparent l'entrée de l'immeuble du lieu de l'impact. Une minute de silence a été observée.

Des balcons «ornementaux»

«Cet accident tragique a bouleversé toute l'entreprise, c'était quelqu'un de très apprécié, qui travaillait ici depuis longtemps», complète Claudia Freire, qui ne s'explique pas la présence du cadre de 59 ans sur l'une des terrasses de l'immeuble. «Nous n'y allons jamais, ces balcons sont uniquement ornementaux, notamment parce qu'ils ne protègent pas de la pluie.» Et d'indiquer que les fumeurs se rendent devant l'immeuble ou dans les fumoirs.

Stefan, lui, ne fumait pas. «Il a très bien pu sortir pour téléphoner», tente Pierre Stampfli, syndic de Chavannes-de-Bogis (VD), commune au sein de laquelle le défunt était municipal de milice en charges des Finances depuis une quinzaine d'années. «Nous avons appris la nouvelle le soir même, un de ses voisins nous a appelés vers 21 h 45, en fin de séance de Municipalité. Nous sommes catastrophés, k.-o. debout… C'était un collègue agréable, bon vivant mais très sérieux, dans son approche de la gestion communale.»

Aucun collaborateur de la Mobilière n'a rapporté avoir été témoin du drame. «Nous supposons qu'il était seul», affirme la porte-parole. L'entreprise précise que le bâtiment de Nyon a été rénové à plusieurs reprises depuis sa construction en 1985.

La rambarde à l'origine de l'accident sera analysée à la fois par la police judiciaire et par un expert «extérieur et neutre» mandaté par la compagnie d'assurances.

* Prénom d'emprunt

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