14.02.2020 à 20:51

La bataille du budget post-Brexit est lancée

Union européenne

Les discussions budgétaires sont compliquées par le départ du Royaume-Uni, qui était le deuxième contributeur net aux dépenses européennes.

Le président du Parlement, David Sassoli, s'oppose à un budget en baisse synonyme de moins d'Europe.

Le président du Parlement, David Sassoli, s'oppose à un budget en baisse synonyme de moins d'Europe.

AFP

Les négociations sur le budget à long terme de l'Union européenne sont entrées dans le vif du sujet. La proposition du président du Conseil européen, Charles Michel, a été dévoilée vendredi et augure d'un sommet de confrontation entre les 27 jeudi prochain.

Toujours délicates, les discussions sur le «cadre financier pluri-annuel» qui fixe un plafond budgétaire à long terme, sont compliquées par le départ du Royaume-Uni. Londres était le deuxième contributeur net aux dépenses européennes.

Pour atteindre un compromis entre les pays du Nord qui défendent un budget limité à 1% du revenu national brut (RNB) de l'UE d'un côté et les défenseurs des fonds de cohésion et de la politique agricole commune de l'autre, l'ex-Premier ministre belge a mis sur la table une offre de budget 2021-2027 à 1'094 milliards d'euros, soit 1,074% du RNB de l'UE.

Sommet extraordinaire

Un montant peu ou prou similaire à la proposition fin 2019 de la Finlande qui assurait alors la présidence de l'Union, et avait suscité des critiques tous azimuts. Charles Michel a consulté tous les leaders européens ces dernières semaines et convoqué un sommet extraordinaire jeudi pour tenter de rapprocher les positions sur un budget qui requiert l'unanimité des 27.

Le départ du Royaume-Uni le 31 janvier représente une perte de 75 milliards d'euros sur sept ans, selon la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Une somme qui doit être compensée en partie par les autres Etats, en particulier l'Allemagne.

La cheffe de l'exécutif européen a appelé mercredi à l'adoption rapide d'un budget suffisant pour financer ses priorités. Elle a réclamé «qu'au moins 25%» soit consacré à la lutte contre le changement climatique.

Pression du Parlement

Afin de mobiliser 500 milliards d'euros d'investissements supplémentaires pour le climat et le numérique, les deux priorités de la Commission, le président du Conseil préconise d'augmenter le capital de la Banque européenne d'investissement de 100 milliards pour accroître ses capacités de prêt.

Mais le projet de budget de Charles Michel est bien en-deçà de celui de la Commission, qui visait 1,114% du RNB (1'134 milliards d'euros à prix constants de 2018). Et encore plus de celle du Parlement, qui réclame 1,3%, et doit donner son accord par un vote à la majorité.

Vendredi soir, le président du Parlement, David Sassoli, a jugé «insatisfaisante» la proposition de Charles Michel, synonyme à ses yeux de «moins d'Europe». «C'est une proposition qui risque de laisser l'Europe en retard non seulement sur ses propres objectifs, mais aussi sur d'autres acteurs de la scène internationale, tels que la Chine et les États-Unis», a déploré le responsable italien.

(ats)

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