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ZONE EUROLa BCE voit une reprise en 2013

L'économie de la zone euro, qui montre déjà des signes de stabilisation, se reprendra plus tard dans l'année, a estimé jeudi la Banque centrale européenne, qui laisse ses taux inchangés.

Mario Draghi, le président de la BCE, le 8 novembre 2012.

Mario Draghi, le président de la BCE, le 8 novembre 2012.

Keystone

Le conseil des gouverneurs a décidé à l'unanimité de maintenir inchangés les taux directeurs à des plus bas record.

Le taux de refinancement reste donc de 0,75%, le taux de facilité de dépôt reste nul et le taux de prêt marginal de 1,0%. Ces trois taux n'ont pas bougé depuis le 5 juillet dernier.

«La faiblesse économique dans la zone euro devrait se prolonger en 2013», a déclaré le président de la BCE Mario Draghi lors de la conférence de presse qui traditionnellement suit l'annonce de la décision sur les taux directeurs. «Plus tard en 2013, l'activité économique devrait graduellement se reprendre.»

Le mois dernier, Mario Draghi avait déclaré qu'il y avait eu un «large débat» au sein du conseil des gouverneurs sur une réduction des taux d'intérêt, et ce propos avait alimenté les anticipations d'une baisse de taux.

Mario Draghi a expliqué que la décision de les maintenir inchangés a été prise à l'unanimité en raison d'un début de stabilisation de certains indicateurs, «bien qu'à de faibles niveaux», et d'un redressement significatif de la confiance sur les marchés financiers.

Détente

Les coûts de financement des pays de la zone euro en difficulté se sont nettement détendus depuis les déclarations l'été dernier du président de la BCE sur sa détermination à faire tout son possible pour préserver l'intégrité de la zone.

La BCE a par la suite mis en place un mécanisme de rachats potentiellement illimités de dette souveraine à court terme pour les pays qui en feraient la demande, qu'elle n'a pas eu à activer depuis.

«Les rendements obligataires et les CDS souverains ont beaucoup baissé, nettement baissé. Les marchés actions se sont redressés. La volatilité est à un plus bas historique (...) Nous observons des afflux de capitaux soutenus vers la zone euro», a déclaré l'Italien.

«Il y a aujourd'hui une contagion positive à l'oeuvre.» Si le statu quo monétaire avait été anticipé à une large majorité par les analystes financiers, ceux-ci sont très divisés sur la perspective d'une nouvelle baisse de taux dans les mois à venir, selon une enquête publiée en début de semaine.

Début de retournement

L'euro a touché un plus haut d'une semaine contre la devise américaine et les actions européennes ont brièvement accentué leur hausse en réponse à l'appréciation unanime du conseil des gouverneurs de la BCE sur l'absence de nécessité d'une politique plus accommodante.

L'amélioration du climat des affaires au sein de la zone euro et des enquêtes auprès des directeurs d'achat montrant une moindre contraction de l'activité dans les services suggèrent un début de retournement après un quatrième trimestre 2012 déprimé.

«Les risques entourant les perspectives économiques de la zone euro restent orientés à la baisse», a toutefois souligné Mario Draghi. «Ils sont principalement liés à la lenteur de la mise en oeuvre des réformes structurelles dans la zone euro, aux problèmes géopolitiques et aux déséquilibres dans les grands pays industrialisés», a-t-il ajouté.

La BCE estime que l'inflation, ressortie stable à 2,2% en rythme annuel en décembre, reviendra sous le seuil des 2% dans le courant de cette année. La BCE a un objectif d'inflation inférieur mais proche de 2% à moyen terme. «A l'horizon pertinent de la prévision, les pressions inflationnistes devraient restées contenues», a-t-il dit.

(ats)

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