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Politique monétaireLa BNS estime le franc surévalué

La banque considère que le statut de valeur refuge de la devise suisse fausse la donne.

Andréa Maechler.

Andréa Maechler.

ARCHIVES - PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

Le franc reste nettement surévalué et sera sous pression tant que les investisseurs se tourneront vers la sécurité de la devise suisse, a estimé jeudi soir à Genève la nouvelle membre de la direction générale de la BNS Andréa Maechler. Parmi les piliers mis en oeuvre, le taux négatif ne devrait pas provoquer pour l'heure de déséquilibres sur le marché hypothécaire.

«La situation sur le marché des changes ne s'est pas encore normalisée», a affirmé Mme Maechler dans son premier discours public. Le cours du franc par rapport à un panier de monnaies des principaux partenaires commerciaux de la Suisse reste supérieur d'environ 15% à sa moyenne de long terme. Le taux atteignait moins de 10% fin 2014.

Malgré l'amélioration de la situation économique mondiale, les investisseurs suisses rapatrient également une partie de leurs actifs et retours sur investissement. Mais le deuxième trimestre a montré le retour vers des sorties nettes de capitaux. Un élément que Mme Maechler attribue à l'abaissement du taux négatif à -075%.

Si cette mesure a provoqué un recul des taux d'intérêt sur le marché monétaire et sur le marché des capitaux, les taux hypothécaires ne se sont pas autant repliés. Ceux à long terme ont même légèrement progressé.

Croissance prévue à 1%

Pour compenser les effets des coûts de refinancement qui n'ont pas reculé autant que les taux sur le marché monétaire, les banques ont augmenté leurs taux hypothécaires. «La crainte que le taux négatif puisse contribuer à stimuler la croissance des prêts hypothécaires s'avère pour l'instant infondée».

La Suisse n'est pas la seule à appliquer un taux négatif, a souligné de son côté un membre suppléant de la direction générale, Dewet Moser. Et d'ajouter que le taux négatif a contribué à une augmentation massive du marché des pensions de titres.

Globalement, la BNS s'attend à une croissance modérée de l'économie mondiale dans les prochaines années. Pour la Suisse, elle estime la croissance à près de 1% cette année, avec un «rythme de reprise modéré mais solide». L'inflation devrait elle atteindre son niveau le plus bas au quatrième trimestre et -1,2% en moyenne sur 2015. En 2016, elle devrait s'élever en moyenne à -0,5%, avant de redevenir positive en 2017.

Mme Maechler est entrée en fonctions en juillet dernier. Elle est la première femme à siéger à la direction générale de la Banque nationale suisse (BNS).

(ats)

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