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SuisseLa BNS maintient sa politique monétaire

La BNS table sur une croissance anticipée à 1,5% pour 2017 et conserve jeudi le taux de référence Libor inchangé.

La BNS a maintenu jeudi le taux de référence Libor à trois mois.

La BNS a maintenu jeudi le taux de référence Libor à trois mois.

Keystone

Dans le sillage de la Banque centrale européenne (BCE) la semaine passée, la Banque nationale suisse (BNS) maintient inchangée sa politique monétaire expansionniste. Malgré des risques importants, l'institut d'émission observe une conjoncture mondiale positive.

Le franc est toujours «nettement surévalué», souligne jeudi la BNS dans son examen trimestriel de la situation économique et monétaire. Elle continuera donc à réduire la pression sur la monnaie helvétique en intervenant sur le marché des changes et par le biais des taux d'intérêt négatifs.

Contrairement à la décision la veille de la Réserve fédérale américaine (Fed), l'institut monétaire laisse inchangés ses taux. La marge de fluctuation du taux de référence Libor à trois mois demeure comprise entre -1,25% et -0,25%. Le taux d'intérêt appliqué aux avoirs en compte de virement reste quant à lui à -0,75%.

Peu après l'annonce de la BNS, à 09h30, la monnaie helvétique s'est légèrement appréciée face à l'euro, la devise européenne tombant à son plus bas du jour, à 1,0710 franc, contre 1,0720 franc précédemment. Le cours de la paire de devises s'est ensuite stabilisé aux alentours de cette marque.

Evolution positive

Au quatrième trimestre 2016, l'économie mondiale a évolué conformément aux attentes, constate l'institut monétaire. Aux Etats-Unis, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté une nouvelle fois vigoureusement. Le marché du travail a renoué avec le plein-emploi et le renchérissement se rapproche de l'objectif d'inflation de la Fed. Les autres grandes zones économiques ont enregistré elles aussi une évolution conjoncturelle favorable. Dans la zone euro, au Japon et en Chine, les taux de croissance ont été très encourageants. Le Royaume-Uni a lui surpris par sa vigueur.

Les indicateurs en début d'année laissent présager que la conjoncture mondiale continuera de s'améliorer, avec notamment une reprise du côté de l'industrie et du commerce international. Les incertitudes restent cependant nombreuses, au premier rang desquelles la politique économique des Etats-Unis, les élections à venir en Europe et les négociations complexes pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE).

«Optimisme mesuré en Suisse»

En Suisse, la croissance du PIB a été inférieure aux attentes au quatrième trimestre, avec une hausse de seulement 0,3% en termes annualisés. En revanche, l'analyse des indicateurs conjoncturels signale une reprise modérée dans les derniers mois de l'année. La BNS relève notamment l'amélioration du marché du travail, avec un nombre de chômeurs en légère baisse depuis août dernier. Les résultats des entretiens menés avec les entreprises reflètent eux aussi une légère amélioration de l'économie.

Au final, les perspectives sont «modérément positives» pour l'année en cours, malgré les incertitudes au niveau mondial, note la Banque centrale helvétique. Elle continue donc de tabler sur une croissance d'environ 1,5% du PIB cette année.

Prévision d'inflation relevée

Pour les prochains trimestres, la BNS a par ailleurs légèrement corrigé vers le haut sa prévision d'inflation conditionnelle par rapport à celle de décembre, en raison notamment de l'augmentation du prix du pétrole, qui contribue à la hausse du renchérissement à court terme. Pour 2017, elle s'inscrit désormais à 0,3%, contre 0,1% précédemment.

A plus long terme, la prévision d'inflation a toutefois été légèrement revue à la baisse. L'institut d'émission table sur un taux de 0,4% en 2018, contre encore 0,5% en décembre. L'année suivante, le renchérissement devrait grimper à 1,1%, sous réserve du maintien du Libor à trois mois à -0,75% pendant les trois prochaines années, précise la banque centrale.

Au quatrième trimestre 2016, la croissance des prêts hypothécaires est restée à peu près stable, à un niveau relativement bas, note encore la BNS. Par ailleurs, la dynamique des prix s'est encore atténuée dans l'immobilier résidentiel. Des déséquilibres persistent toutefois sur les marchés hypothécaire et immobilier.

(ats)

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