Climat: La BNS sommée de verdir ses investissements
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ClimatLa BNS sommée de verdir ses investissements

L’Alliance climatique suisse lance une campagne d’affichage pour mettre la pression sur la Banque nationale, accusée d'investir encore beaucoup trop dans des secteurs qui font grimper la température.

par
Eric Felley
Le 28 septembre 2019, une manifestation sur la place Fédérale pour le climat avec en arrière-fond le siège de la BNS.

Le 28 septembre 2019, une manifestation sur la place Fédérale pour le climat avec en arrière-fond le siège de la BNS.

ArtisansdelaTransition

L’Alliance climatique suisse lance une campagne d’affichage pour interpeller la Banque nationale suisse (BNS). L’organisation veut l’appeler à davantage de responsabilités dans sa politique d’investissements et ses conséquences sur le climat. Elle interpelle plus particulièrement le Conseil de banque et sa présidente Barbara Janom Steiner. «Jusqu’à maintenant, Mme Janom Steiner a refusé les offres de dialogue avec l’Alliance climatique», regrette l’organisation dans un communiqué.

L’Alliance climatique cite le rapport publié en 2020 par l’association Les Artisans de la transition sous le titre: «Sur le climat, la BNS égare la place financière suisse». L’association a analysé les investissements dans l’industrie des énergies fossiles d’un portefeuille de 101 milliards de francs de la BNS, ce qui représente environ 66% de son portefeuille d’actions, au 31 décembre 2019.

La constant est que «la stratégie d’investissements passive de la BNS l’amène à acheter un panier représentatif de l’état des Bourses internationales». Selon les calculs de ISS-Ethix: «La BNS est désormais responsable de 43,3 millions de tonnes d’émissions de CO₂ par an. Soit presque autant que la Suisse entière, 47 millions de tonnes de CO₂ en 2017».

«Alors que la BNS devrait être un phare pour tous les acteurs économiques et financiers suisses, ce constat est extrêmement préoccupant, estime le rapport. Les signaux qu’elle envoie contribuent à égarer la place financière helvétique au lieu de l’éclairer sur l’extrême gravité et urgence du danger climatique».

Selon L’Alliance climatique, les conséquences de cet état de fait sont dramatiques: «Avec sa stratégie d’investissements, la BNS encourage un réchauffement climatique catastrophique de 4 à 6 °C d’ici à 2100. Cela rendrait de grandes parties du monde largement inhabitables d’ici à la fin de ce siècle».

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