11.08.2020 à 02:50

Amérique latineLa Bolivie accuse l’ex-président Morales de «terrorisme»

Une douzaine de personnes, dont l’ex-président bolivien en exil Evo Morales et son candidat à la présidentielle, sont visées par une plainte du gouvernement pour «terrorisme et génocide».

Image d’archive d’Evo Morales.

Image d’archive d’Evo Morales.

AFP

Le gouvernement bolivien a déposé une plainte contre l’ex-chef de l’État Evo Morales et son candidat à l’élection présidentielle pour «terrorisme et génocide», a annoncé lundi le parquet général. Il les accuse d’être responsables des barrages routiers depuis une semaine.

La plainte concerne au total douze personnes, notamment le dirigeant de la centrale ouvrière bolivienne (COB), Carlos Huarachi, et les deux candidats à la présidence et à la vice-présidence présentés par le parti d’Evo Morales, le MAS, c’est-à-dire Luis Arce et David Choquehuanca, a annoncé le procureur de La Paz.

La plainte les accuse de «terrorisme, génocide, délits contre la santé», a ajouté un autre procureur. Le gouvernement de la présidente par intérim Jeanine Añez a accusé Carlos Huarachi d’avoir ordonné les barrages routiers depuis le début de la semaine dernière, ainsi que des protestations liées à l’ancien président Morales (2006-2019) pour exprimer leur désaccord avec le report des élections du 6 septembre au 18 octobre.

Arce en tête des sondages

Ces protestataires estiment que ce nouveau report du scrutin porte préjudice à Luis Arce, donné en tête dans les sondages, face à d’autres candidats comme l’ex-président centriste Carlos Mesa et Jeanine Añez.

Selon le gouvernement, ces barrages routiers dans tout le pays ont empêché le transfert de vivres et de fournitures médicales, comme de l’oxygène, vers les principales villes. L’exécutif estime que le manque d’oxygène causé par ces blocus a été à l’origine de 31 décès la semaine dernière.

Les personnes visées par la plainte vont être convoquées dans les jours qui viennent, a avancé le procureur de La Paz. Il n’a pas précisé, comment se ferait la déposition d’Evo Morales, réfugié en Argentine depuis décembre après avoir démissionné à la suite de mouvements sociaux liés aux résultats de l’élection présidentielle intervenue peu avant.

L’ex-président est par ailleurs visé par deux mandats d’arrêt du parquet général, l’un émis en décembre 2019 et l’autre au début juillet 2020, pour sa responsabilité présumée dans les violences consécutives à l’élection présidentielle d’octobre. Le deuxième mandat d’arrêt a été émis à la suite de la diffusion d’un message audio, où l’on entend présumément Evo Morales ordonner à un chef producteur de coca de barrer des routes.

La Bolivie prévoit des élections présidentielle et parlementaires le 18 octobre. Le pays est actuellement frappé par l’épidémie due au nouveau coronavirus, qui y a provoqué officiellement 3640 décès et plus de 90’000 contaminations.

(ATS/NXP)

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