Actualisé 10.11.2016 à 18:26

SuisseLa Bourse finit dans le vert «le jour d'après»

Au lendemain de l'élection de Donald Trump, l'indice vedette SMI a gagné 0,39% à 7928,77 points à la clôture.

Archives, Keystone

La Bourse suisse a de nouveau terminé jeudi dans le vert au lendemain de l'élection de Donald Trump à la présidence américaine, contrairement aux autres places européennes. L'indice vedette SMI a fini sur un gain de 0,39% à 7928,77 points.

Le marché helvétique a retrouvé de son allant en toute fin de journée, après avoir tergiversé en milieu d'après-midi. Les titres bancaires ont profité pleinement des perspectives d'allégement réglementaire aux Etats-Unis sous une présidence Trump.

Le prochain président républicain avait notamment promis en campagne d'abroger le Dodd Frank Act, une mesure post-crise financière, visant une réduction des risques pour les banques. Le recul marqué de Nestlé n'a pas empêché l'indice phare de la place zurichoise de confirmer ses gains de la veille.

Le SLI s'est adjugé 0,86% à 1240,63 points et l'indice élargi SPI 0,26% à 8659,98 points. Sur les trente valeurs principales, seize ont perdu du terrain et quatorze en ont gagné.

UBS s'envole

UBS ( 8,7%) s'adjuge l'étape du jour, devant Credit Suisse ( 4,9%). Julius Baer ( 2,6%) s'est fait plus discret. Des observateurs notent que les actions bancaires disposent d'un potentiel non négligeable de rattrapage au vu de leurs piètres performances depuis le début de l'année.

Swiss Life ( 3,9%) complète le podium, tandis qu'Adecco ( 3,6%) hérite de la médaille en chocolat. Le prochain locataire de la Maison Blanche a fait miroiter de vastes programmes d'infrastructures, devant doper l'emploi aux Etats-Unis. LafargeHolcim ( 1,3%), ABB ou encore Sika ( 1,2% chacun) n'ont pas laissé passer l'aubaine.

Zurich Insurance ( 0,6%) a quelque peu rassuré les marchés avec sa performance au troisième trimestre, mais la croissance anémique de l'assureur suscite aussi son lot de critiques.

Les mastodontes pharmaceutiques ont confirmé leurs rebonds de la veille, Novartis s'adjugeant encore 1,2% et Roche 0,4%. Les valeurs du secteur ont été nettement dopées par la défaite d'Hillary Clinton, alors que le discours de la candidate démocrate sur une baisse des prix des médicaments pesait sur la branche depuis plusieurs mois.

Givaudan (-5,1%) a terminé en fond de classement. Le géant verniolan des arômes et parfums a fait l'objet d'une note sévère de Citigroup, qui a dégradé sa recommandation. Dufry a cédé 3,2%. Swisscom a abandonné 2,7%, plombé par des perspectives moroses pour le secteur des télécommunications sur le Vieux Continent.

La fièvre retombe

Les principales Bourses européennes ont démarré la séance de jeudi en hausse, avant de céder du terrain dans l'après-midi pour finalement clôturer en repli. Londres a perdu 1,21%. Paris a cédé 0,28% et Francfort 0,15%.

Outre-Atlantique, l'indice Nasdaq s'orientait en nette baisse jeudi à Wall Street, perdant brièvement plus de 2% par contraste avec un Dow Jones évoluant à des records, la victoire de Donald Trump étant perçue comme néfaste au secteur technologique.

«Les entreprises technologiques ont été les grandes bénéficiaires de la mondialisation», a rappelé Jack Ablin de BMO Private Bank, expliquant que de potentielles mesures protectionnistes les toucheraient plus particulièrement.

Durant la campagne électorale, Donald Trump a vivement critiqué plusieurs accords commerciaux et a proposé de «fermer» une partie d'internet pour raisons de sécurité.

Spectaculaire rebond au Japon

En Asie, la Bourse de Tokyo a rebondi de près de 7% jeudi au lendemain d'une lourde chute, emboîtant le pas aux places européennes et à Wall Street qui ont surmonté les craintes initiales suscitées par l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

A l'issue des échanges, l'indice Nikkei des 225 valeurs vedettes a affiché un gain de 6,72% à 17'334,42 points. Il avait dévissé de 5,36% mercredi, sa pire déroute depuis l'annonce des résultats du référendum sur le Brexit le 24 juin.

«C'est comme si hier n'avait jamais eu lieu», a commenté pour l'agence Bloomberg News Tsutomu Yamada, analyste chez Kabu.com Securities Co à Tokyo. «La réaction choc s'est muée en un mouvement positif porté par l'élection de Trump», s'est-il étonné.

(ats)

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