Sport de plein air: La branche a atteint son pic de croissance
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Sport de plein airLa branche a atteint son pic de croissance

La demande en équipements a augmenté, dans un secteur à forte concurrence.

(Photo d'illustration)

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Keystone

La population suisse est toujours plus sportive, augmentant d'autant la demande en équipements appropriés. Pourtant, même si les années de boom de la branche du sport de plein air ne sont pas encore terminées, son rythme de croissance a nettement diminué.

Le marché du sport de plein air représente entre un quart et un cinquième de l'ensemble du marché helvétique des articles de sport. Son chiffre d'affaires se situe ainsi entre 350 et 400 millions de francs, évaluent l'Association suisse des commerçants d'articles de sport (ASMAS) et l'institut d'analyses du marché GfK.

Fin 2015, le secteur helvétique des articles de sport a dû faire face - de manière totalement inattendue - à de forts vents contraires. Un manque de neige, des températures élevées et une évolution négative des prix en raison de l'abolition du taux plancher de l'euro ont pesé dans la balance.

Vaches maigres

Le dernier trimestre 2015 a été catastrophique, souligne le porte-parole de l'ASMAS Beat Ladner. Selon l'organisation, peu de magasins de sport ont pu maintenir leurs ventes par rapport à l'année précédente et plus de la moitié a connu un recul à deux chiffres en pourcent. Sur l'ensemble de la branche, le repli s'est élevé à 11%.

L'ASMAS estime ainsi que le secteur suisse des articles de sport a perdu 20% de chiffre d'affaires en cinq ans seulement, après une série d'années fastes. L'an dernier, les ventes se sont élevées à 1,8 milliard de francs.

Chez les détaillants d'articles de sport de plein air, le ralentissement se fait également ressentir. Kurt Meister, de GfK, calcule ainsi que lors de son année record en 2010, la branche avait réalisé un chiffre d'affaires de 427 millions de francs, contre seulement 400 millions l'an dernier.

Mammut a souffert

L'exemple de Mammut, leader suisse avec une part de marché d'environ 17%, est significatif. Les ventes de la firme argovienne ont chuté de 6% l'an dernier et son bénéfice opérationnel a fondu de 21 millions à 100'000 francs.

En revanche, Sherpa Outdoor s'est sorti indemne du ralentissement. La marque lucernoise a enregistré ces dernières années une croissance à deux chiffres de ses ventes, relève son patron Bruno Ruedisueli. Les affaires ont stagné l'hiver dernier, mais croissent à nouveau sensiblement depuis le printemps.

Forte concurrence

Transa Backpacking SA, une chaîne de magasins d'équipement de sports alémanique, constate dans le segment «Outdoor» une forte concurrence en termes de parts de marché. «La branche arrive à saturation», souligne sa porte-parole Nicole Schenker.

La porte-parole de Mammut Fabienne Tanoa se montre plus nuancée: «Les années de boom ne sont pas terminées et le secteur des articles de sport de plein air a encore beaucoup de potentiel». Un optimisme partagé par M. Ruedisueli, qui estime que les activités en plein air restent très populaires, «ce qui se ressent positivement sur les affaires». Le tourisme d'achat pèse en revanche.

Nouvelles stratégies

De manière générale, le secteur reconnaît toutefois que le marché domestique ne pourra pas croître indéfiniment. Les entreprises se montrent toujours optimistes, mais cherchent de nouvelles stratégies.

Mammut mise notamment sur le commerce international. La société est fortement présente en Suisse, en Allemagne et en Autriche - des pays qui représentent environ la moitié de ses ventes - mais voit un important potentiel en Amérique du Nord et sur les marchés asiatiques.

«La branche Outdoor peut continuer à croître, à condition de maintenir l'avance technique en matière d'innovation et de concevoir de nouveaux produits attrayants pour une utilisation quotidienne», souligne pour sa part le patron de Sherpa. Ce dernier mise donc sur le design et la praticité au quotidien, facteurs décisifs lors de l'achat.

Les vêtements «Outdoor» ne sont en effet aujourd'hui plus seulement portés par les alpinistes et les randonneurs, mais aussi au quotidien par les citadins.

Optimistes

De son côté, Transa veut continuer à croître avec un «positionnement clair». L'entreprise met en avant la bonne disponibilité de ses produits, son important assortiment, les conseils et services à la clientèle dans ses magasins, ainsi que l'emplacement central des commerces.

Globalement, GfK et l'ASMAS restent optimistes pour la branche. «En réalité, nous ne voyons aucun signe de retenue de la part du consommateur», relève M. Ladner. Selon ce dernier, les baisses de chiffre d'affaires sont davantage à attribuer à la pression sur les prix et au tourisme d'achat.

(ats)

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