Actualisé 06.02.2020 à 09:19

La caisse de pension veut rénover: 97 locataires à la rue!

Lucerne

À Kriens, une caisse de retraite va mettre à la porte les nombreux locataires de deux immeubles qu'elle détient. Un coup dur pour ces derniers, qui font part de leur incompréhension.

par
LeMatin.ch
Les deux bâtiments concernés par la rénovation se situent dans ce bloc d'immeubles sur la Brunnmattstrasse, à Kriens (LU).

Les deux bâtiments concernés par la rénovation se situent dans ce bloc d'immeubles sur la Brunnmattstrasse, à Kriens (LU).

Google street view

Le passage d'un employé de poste jeudi dernier a entériné une bien sombre décision pour ces 97 locataires de la Brunnmattstrasse, à Kriens (LU). Comme le rapporte «Blick», chacun d'eux s'est ainsi vu remettre un préavis de congé, avec la fin du mois de juin comme date butoir pour quitter les lieux.

C'est que la caisse de pension Previs, à qui appartiennent les immeubles concernés, a décidé de lancer une rénovation totale de deux de ses biens, ces derniers ayant été construits il y a 40 ans. Une initiative qui ne passe pas auprès de nombreux locataires affectés. «Ici, rien n'est délabré, s'indigne un retraité de 73 ans, qui habite l'un des immeubles avec son épouse depuis 1979. Ils veulent construire des appartements plus chers. Tout ce qui les intéresse, c'est le rendement.»

«Coup de poignard dans le cœur»

Selon lui, plusieurs rénovations ont de plus déjà été entreprises depuis leur arrivée. Les balcons, la façade, les fenêtres ou encore l'isolation ont ainsi été modernisées en 2008, alors que les cages d'ascenseur n'auraient pas plus de quatre ans. Pour le retraité, qui loue un appartement de 4,5 pièces pour 1263.-, c'est la tuile. «Nous ne pouvons rien trouver de comparable à ce prix», déplore-t-il.

Mais si la décision de la caisse de pension a été difficile à avaler pour la plupart de personnes touchées, il y en a une pour qui elle a été particulièrement douloureuse. Pour être signifiée de son congé, une habitante de 82 ans s'est ainsi vue remettre un préavis adressé à son nom... mais aussi à celui de son mari, décédé il y a deux ans. «[C'est] un double coup de poignard dans le cœur», confie-t-elle. «Je suis à Kriens depuis 1957. Je ne veux pas partir.»

Pour d'autres locataires, c'est le délai de l'annonce qui suscite l'incompréhension. «Nous avons emménagé en octobre, sans aucun avertissement, s'indigne une mère de famille. Puis la semaine dernière, nous avons soudainement reçu l'avis [...] Qui ferait une chose pareille?»

J.Z

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