23.06.2016 à 07:37

BrexitLa campagne du référendum a divisé les Britanniques

Les accusations de mensonges ont fusé entre les deux camps, voire les insultes.

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Le ministre britannique des Finances George Osborne va présenter ludi, avant l'ouvertures des marchés financiers européens, les mesures économiques que le gouvernement entend prendre en réponse au vote en faveur d'une sortie de l'Union européenne.  (Lundi 27 juin 2016)

Le ministre britannique des Finances George Osborne va présenter ludi, avant l'ouvertures des marchés financiers européens, les mesures économiques que le gouvernement entend prendre en réponse au vote en faveur d'une sortie de l'Union européenne. (Lundi 27 juin 2016)

Keystone
Jeremy Corbyn a annoncé lundi qu'il ne démissionnerai pas. Le chef du parti travailliste britannique n'entend pas répondre aux reproches de nombreux collègues de son parti qui jugent qu'il n'a pas fait campagne assez énergiquement pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. D'autres cadres du parti ont pourtant démissionné. (image d'archive)

Jeremy Corbyn a annoncé lundi qu'il ne démissionnerai pas. Le chef du parti travailliste britannique n'entend pas répondre aux reproches de nombreux collègues de son parti qui jugent qu'il n'a pas fait campagne assez énergiquement pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. D'autres cadres du parti ont pourtant démissionné. (image d'archive)

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Le Royaume-Uni pourrait ne «jamais» déclencher sa sortie de l'Union européenne malgré le vote en ce sens, jeudi. C'est en tout cas le «sentiment personnel» d'un diplomate européen requerrant l'anonymat. Cameron a dit laisser à son successeur la tâche d'envoyer cette notification, ce qui repousse d'office ce geste à octobre. (Image prétexte)

Le Royaume-Uni pourrait ne «jamais» déclencher sa sortie de l'Union européenne malgré le vote en ce sens, jeudi. C'est en tout cas le «sentiment personnel» d'un diplomate européen requerrant l'anonymat. Cameron a dit laisser à son successeur la tâche d'envoyer cette notification, ce qui repousse d'office ce geste à octobre. (Image prétexte)

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«Le plus choquant avec ce référendum, c'est le tour personnel et injurieux qu'il a pris», regrette, en larmes, Anthony Dunn. C'est dire son soulagement que la campagne se termine et que les Britanniques se prononcent enfin pour rester ou non dans l'Union européenne jeudi.

Ce Londonien de 58 ans raconte à l'AFP qu'il a été accusé d'être un traître parce qu'il milite pour le «Remain» (rester), lors de meetings. On lui a même dit qu'il devait s'exiler.

Toute cette violence, selon lui, c'est la faute en premier lieu des conservateurs du Premier ministre David Cameron, qui ont voulu ce référendum avant de se battre comme des chiffonniers sur son issue.

«Je suis consterné en voyant ce que les Tories ont fait à ce pays. Ils nous ont poussés à nous entre-déchirer», dit-il devant la salle de spectacle de Wembley où il a assisté à un grand meeting qui a notamment opposé l'ancien maire de Londres, le conservateur Boris Johnson, pro-Brexit, à son successeur travailliste Sadiq Khan, pro-UE.

Accusations et insultes

Les accusations de mensonges ont fusé entre les deux camps, voire les insultes. Le camp du «In» a été taxé de «projet de la peur» pour avoir pronostiqué un effondrement économique en cas de sortie, celui du «Out» de «projet de la haine» pour ses dénonciations de l'immigration.

Chacun des deux camps a été accusé par des organismes indépendants de déformer les faits.

L'agressivité du débat a provoqué le malaise, encore plus après le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox la semaine dernière, mais les analystes s'attendent cependant à une forte participation.

«Une campagne négative peut dissuader certaines personnes (d'aller voter) mais cela peut aussi les pousser à se mobiliser», estime Paul Whiteley de l'université d'Essex.

«Même si les gens ne comprennent pas toujours complètement les enjeux, ils réalisent qu'ils sont importants», dit-il à l'AFP.

Des idées fausses

Les passions se sont déchaînées autour de deux principaux thèmes: l'économie et l'immigration.

Si les Britanniques n'ont en général pas un amour démesuré pour l'UE, la plupart considéraient ces dix dernières années qu'il s'agissait d'une question secondaire, sur laquelle ils sont nettement mal informés.

Une étude de l'institut Ipsos Mori montre ainsi que les idées fausses circulent sur de nombreux sujets, comme le niveau de subventions européennes versées au Royaume-Uni -sous-estimé- ou le nombre de citoyens européens vivant au Royaume-Uni -très surestimé.

Sara Hobolt, de la London School of Economics (LSE), estime que la campagne électorale ne les a pas, ou peu, éclairés.

«Elle a été très négative et s'est concentrée sur les peurs des gens, en jouant sur l'émotion, au lieu de donner des informations nuancées», estime-t-elle.

«Il est difficile de faire la part des choses et de savoir ce qui relève de faits réels», acquiesce Daniel Worwood, un étudiant en doctorat d'ingénieur du nord-ouest de l'Angleterre venu suivre le débat à Wembley, qui veut quitter l'UE.

Le Royaume-Uni est divisé

Outre la confusion qui règne sur les arguments, l'inquiétude est forte de voir les divisions créées par les deux campagnes avoir des répercussions durables.

Un sondage YouGov cette semaine révèle que la moitié des Britanniques -et 70% des électeurs qui veulent voter +Remain+- pensent que la campagne a contribué à diviser la société britannique.

Le quotidien Daily Mirror, qui appelle à voter pour rester dans l'UE, a dénoncé la campagne «la plus clivante, vile et désagréable, de mémoire».

L'un des moments les plus controversés a été la publication par le parti europhobe et anti-immigration UKip d'une affiche montrant une file de réfugiés avec la mention «point de rupture».

Et si le meurtre particulièrement violent de Jo Cox a offert un répit dans les attaques, entraînant la suspension de la campagne pendant quelques jours, il n'aura pas empêché les invectives de reprendre de plus belle sitôt le deuil terminé.

(AFP)

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