Berne: La campagne «négative» du PDC se retourne contre lui!
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BerneLa campagne «négative» du PDC se retourne contre lui!

Le PDC s'est-il mis le plus bel autogoal de la campagne ? En personnalisant les attaques contre les candidats des autres partis, il crée de l'indignation jusque dans ses propres rangs.

par
lematin.ch
Le président du PDC Suisse Gerhard Pfister a dû avoir les oreilles qui sifflent durant cette journée. Aurait-il franchi la ligne rouge en s'attaquant personnellement aux candidats des autres partis ?

Le président du PDC Suisse Gerhard Pfister a dû avoir les oreilles qui sifflent durant cette journée. Aurait-il franchi la ligne rouge en s'attaquant personnellement aux candidats des autres partis ?

RTS

Le PDC Suisse vient d'ouvrir une phase de campagne qui fait des mécontents parmi les élus à Berne, mais aussi dans ses propres sections. En visant les conseillers nationaux Marcel Dobler (PLR/SG), Petra Gössi (PLR/SZ) ou Christian Wasserfallen (PLR/BE), le PDC a suscité des contre-réactions virulentes en Suisse alémanique ce mardi. Il se voit reprocher de franchir la ligne rouge de la bienséance en politique: celle des attaques personnelles.

Une campagne de dénigrement

Le PDC s'en prend également à des candidats d'autres partis au PS, chez les Verts libéraux, chez les Verts et à l'UDC. D'aucuns déplorent une«Schmutzkampagne», une campagne de dénigrement, voire une «Hetzkampagne», une campagne de haine... Les termes sont forts. En Suisse romande, Philippe Nantermod (PLR/VS) est une des cibles de cette campagne. Le PDC reproche à l'élu valaisan de vouloir «imposer au peuple suisse l’accord-cadre avec l’UE, à n’importe quel prix», de «faire passer les intérêts des industries exportatrices avant la protection des salaires» ou encore de «laisser les entreprises suisses, leur savoir-faire et leurs places de travail, passer sans aucune protection, en mains étrangères.» En fait, ces reproches sont faits aussi aux autres élus du PLR.

Lourde caricature

Philippe Nantermod renvoie la balle au PDC sur sa page Facebook: «Il est vrai qu'il est difficile d'y voir clair avec leurs listes où l'on peut trouver parfois cinq candidats avec cinq visions antagonistes de la société. Mais ce n'est pas nécessairement une raison pour s'en prendre avec si peu de finesse à ses adversaires, en cherchant à les caricaturer lourdement.»

Mal perçu en Valais, Vaud et Genève

Mais le PDC Suisse est surtout désavoué par les siens... En Valais, le PDC du Valais romand, dans un tweet, se désolidarise de cette campagne «qui dérange et vise les autres formations politiques valaisannes en voulant créer le débat numérique tout en citant les autres candidat-e-s...» Le candidat vaudois Axel Marion a aussi réagi dans ce sens: «Cette manière de faire ne correspond ni à mon éthique, ni à ma vision de la politique.» Le député genevois Bertrand Buchs est outré: «La campagne du PDC suisse est indigne. On attaque des idées et non des personnes. On pense gagner en faisant le buzz. Et bien c’est faux et archi-faux...»

PDC bashing

Le porte-parole du PDC, Michaël Girod, dans «Blick», rejette les accusations de dénigrement ou de haine: «Nous faisons une campagne de comparaison. Nous montrons les positions des autres partis et proposons une comparaison avec nos positions... Nous ne visons pas la personne, mais montrons aux électeurs uniquement les positions des autres partis. C'est la campagne électorale!» Toujours est-il qu'un vent de PDC «bashing» a soufflé mardi sur les réseaux sociaux, qui démontre que le parti traverse une phase délicate. Et les candidats choqués par ces «attaques personnelles» en ont profité un peu pour jouer les vierges effarouchées.

Eric Felley

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